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jeudi 15 juin 2006

In the mood for Love, etc

Oui, je sais ce que vous allez dire...Alors chantons les amis, en ce jour de retrouvailles (sous la fameuse grisaille parisienne, celle qui aura ma peau dorée), chantons ! ♫ Je rentre un peu tard je sais, 18 ans de retard c'est vrai, mais j'ai trouvé mes allumettes, dans une rue du Massachusetts...C'est moi, c'est l'Italien, est-ce qu'il y a quelqu'un ? ♫ Oui bon voilà, I'm back.

Je vous propose une approche thématique de ces dernières semaines.

L'opération.

Entrée à l'hosto à 18h, anesthésie à 18h30, réveil à 19h15 (pas de morphine malgré mes tentatives d'apitoiement), retour en chambre à 20h, remise en liberté 48h après. Emballez, c'est pesé. En bonus 3 semaines d'arrêt de travail pour cause rendez-vous hebdomadaire avec le gynéco. Ok je prends.

La plage.

Eau chaude, soleil de plomb, léger vent, pédalo (ouais j'ai fait du pédalo. Même que le gars nous a pourchassé parce qu'on s'éloignait trop de la zone balisée. C'est vrai qu'on commençait à se dire que la mer s'agitait drôlement). Je suis pas loin d'être noire, ce qui est du plus bel effet au taff : Alors ma pauvre, ça va mieux ? Oh mais tu as vraiment bonne mine...Euh oui, la luxthérapie, tu connais pas ?

La fête.

À l'ombre des platanes, les débuts de soirée sont doux, cueillez, cueillez vostre jeunesse...Les dîners en terrasse. La nuit à nous.

J'ai dansé dans une boîte où la moyenne d'âge était effrayante. Imaginez une foule de gens tous nés APRES 1985. Un jeune homme voulait m'inviter chez lui (vu qu'il habitait juste à côté. C'est marrant comme ils habitent tous juste à côté hein ? Viens, c'est pas loin...Ils ont des prix à cause des nuisances sonores ou bien c'est un baratin standard ?). J'ai refusé mais nous avons discuté. Comme il s'enquerrait de mon âge et que j'annonçais 25 (ouh la menteuse ! Oui bon, mais dans ces milieux hostiles, faut bien s'adapter pour survivre...), il a eu un regard étonné qui voulait dire "waw, mais t'es vieille alors ?"...ce qui en un sens est flatteur, vu qu'en réalité j'ai 82 ans...mais bon faudrait leur dire qu'il y a une vie après l'adolescence quand même.

L'amour.

Ça se complexifie. Forcément. Le gosse beau (souvenez-vous, champion de la dictée de Pivot, il remet son titre en jeu tous les ans, même pas peur) m'a rejoint quelques jours autour de l'Ascension (non, c'est pas une région. Là ousque j'étais, pour vous donner un indice, les aides-soignantes m'appelaient peucheurette). Ça se confirme, nous avons bien 11 ans d'écart...Il se nourrit de hamburgers (notamment celui qui te met du soleil à l'intérieur de toi) et de kebabs. Moi je mangeais les frites...Mais si c'est pas mimi de poser des congés spécialement pour moi ! Bref il a fait chaud.

En parlant de coup de chaud, j'ai bien failli perdre mon permis de conduire. J'vous raconte ? Bon allez, c'est bien parce que c'est vous. Mais attention, il ne faut pas reproduire cette expérience à la maison, elle a été réalisée par des spécialistes. Petit matin, sortie de boîte. Je suis au volant. Le gosse beau n'est pas vraiment d'accord mais j'insiste en lui disant que de toutes façons on va se faire arrêter, et que si quelqu'un doit se sacrifier, c'est moi, vu que lui il a vraiment besoin de sa caisse, tandis que moi, hein, à Paris c'est métro-bus de nuit-éventuellement taxi, alors...En fait sous cette façade altruiste se cache une puérile envie de conduire sa voiture de ministre avec GPS intégré...Nous roulons. Je lance pour rire "Eh te retourne pas, j'crois qu'on est suivi". D'un coup d'oeil dans le rétro, le gosse beau m'annonce qu'il s'agit d'une voiture de police et qu'ils nous font des appels de phare. Ah ! alors ? c'est qui madame Soleil ? hein ? c'est qui ? Bonsoir, dites-moi mademoiselle, vous chaloupez un peu là hein ? Vous avez consommé ? Oh non, pensez-vous, en plus j'habite juste à côté (toujours dire qu'on habite juste à côté, les jeunes l'ont bien compris). Vous avez les papiers du véhicule ? (Il faut vous dire que la voiture a une plaque toute chelou car elle est immatriculée en France mais depuis l'étranger, ce qui lui fait une tête bizarre). Pendant qu'il s'éloigne pour lire la paperasse, je demande au gosse beau de me passer un chewing-gum, vu que peu de temps auparavant il m'a appris, mais c'est à vérifier, et non pas à expérimenter je répète, que ça fausse l'alcootest. Pas le temps, il me file celui qu'il a déjà dans la bouche. Est-ce que ça suffira à masquer la vodka ? Je me vois déjà interdite de conduite pour les siècles des siècles avec PV qui mettra sur la paille ma descendance jusqu'à extinction de la dynastie...Le flic revient, me recommande la prudence et roule Mimile ! Bénissons l'entité divine qui a voulu qu'ils n'aient pas le matos pour me faire souffler, loué soit le Seigneur qui rend la police indulgente !

Le gosse beau est reparti dans sa lointaine contrée. Exit le gosse beau. Entrée en scène d'(ex)-monamour. Oui, y a des parenthèses sur l'ex. Après de longues heures au téléphone au cours desquelles je lui faisais part de mon ras-le-bol de cette relation bâtarde, (ex)-monamour me dit qu'il m'aime, que c'est sérieux, et pour le prouver, il me rejoint en louant illico presto un studio dans cette petite ville de province où je coule des jours heureux de convalescente qui fait la teuf. Inutile de préciser que nous avons passé des vacances de rêve. Oui inutile. Le seul hic, c'est qu'il y est encore, ayant pris une location mensuelle...Avec l'idée, en prime, de s'installer dans la région. Mais sinon on est ensemble...Je viens de recevoir un mail où il écrit en lettres capitales JE T'AIME. Je ne sais pas quand on se reverra. Tout cela est d'une simplicité les amis...D'où les parenthèses, restons prudents.

Parallèlement j'ai reçu plusieurs coups de fil d'un mystérieux inconnu avec qui j'aurais discuté dans une soirée et qui a très envie de me revoir. Je ne vois pas du tout qui est ce jeune homme, c'est bien simple : je ne le connais pas et surtout, je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone malgré ce qu'il prétend (mais qui alors ? qui a osé lui donner mes coordonnées sans m'en parler ? Un traître ou une traîtresse se cache parmi mes connaissances, je mène l'enquête).

Pour corser le tout, le charmant charmeur chilien se rappelle à mon bon souvenir par SMS interposés.

Pendant mon absence :

Soigne toi bien ptite marmotte ! jtenvoie plein pleins dbizous !

Hello ! Jespère ke tu vas bien é ktout se passe bien pr toi Je pense à toi é jtenvoie plein dpensées positives et pleins dbizous !

Profite bien du soleil ! Bonnes vacances !

Jtenvoie une pensée chaude pr cette douce soirée d'été !

Dès mon retour :

On peut svoir demain pr le ptit déj ? En fin dmat ou débu daprèm si ta besoin de te reposé ? Le soir jboss juska minuit !

Domage ktu taf demain. Dtoute façon on svoa bientot ! Bonne nuit ptite marmotte

Comment résister ? Faut-il résister ? Je vais m'allonger sur le divan et on en reparle.

vendredi 19 mai 2006

Biz biz, à la prochaine

Camarades, y a du nouveau.

Après un entretien téléphonique, mon gynéco à moi, celui qui me pratique depuis fort longtemps, a accepté de m'hospitaliser en urgence lundi soir. Cet homme est merveilleux. Du coup je me vois dans l'obligation de regagner ma province car c'est là qu'exerce mon sauveur. C'est un endroit fourni en mer et en soleil, ce qui en gâte rien. Et ce petit congé-maladie risque fort de muter en congé tout court (mon bronzage qui, souvenez-vous, est tout de même la priorités des priorités, mon bronzage donc lui dit déjà merci). Autant vous dire que je suis ravie. En conséquence la boutique ferme pour une durée indéterminée.

Quant au charmant charmeur chilien, à l'instar du gosse beau, il m'envoie des SMS, phonétiques certes, mais pour le coup c'est volontaire. Extraits :

Komen vas tu ? Pa tro fatigué (si, et pas pour ce que vous croyez. En fait chez lui, il avait un truc thaïlandais de type végétal...J'vous fait pas un dessin, si ? Ça fait rire et ça a un petit effet aphrodisiaque...Bon. Mais moi le lendemain j'ai la tête dans le brouillard, j'ai perdu l'habitude)

On peut ptéte se voir ce soir si té pa tro fatigué (oui y a des redites. Et donc je répète : si, je suis trop fatiguée.) Sinon demain ou ce w.e ! (voilà, comme ça c'est mieux)

Jé hate de te revoir ! Jte fé pleins dbizous ! (oui moi aussi et moi aussi)

Repose toi bien (merci) Jte bizoute de tous les côtés (tout pareil)

Coucou ptite marmotte ! (on se connaît peu mais il a déjà la base : j'ai besoin de beaucoup de sommeil) Jte fé pleins dptis bibis !

Voilà voilà. Vous l'aurez compris, cet homme aime les baisers.

Bon allez camarades, buvez un coup à ma santé et à bientôt !

mercredi 17 mai 2006

Rendez-vous (vous êtes cernés)

Ah les amis, malgré mes soucis de santé, il faut bien reconnaître que ce monde de brutes nous offre parfois quelques douceurs.

Hier, si vous avez suivi, j'avais prévu de passer au bar en bas de chez moi. D'abord parce que j'aime ce lieu. Mais aussi dans l'espoir d'apercevoir le charmant qui me fait les yeux doux. J'étais accompagnée du même pote que la dernière fois. Oui je sais, j'avais constaté que ce n'était pas une excellente idée pour émettre des signaux de fille célibataire et open (sous conditions, eh oh, j'ai mes exigences), mais faut croire que j'aime reproduire mes erreurs. Et puis c'est un pote quoi, je vais pas non plus me priver de le voir sous prétexte que y a moyen de moyenner...On papote, essentiellement de la meilleure façon de gérer le fléau qui me persécute (figure de style : hyperbole. Non mais je dis ça comme ça si ça peut aider). Car il connaît une sage-femme. Aucun rapport avec la choucroute, mais par relations interposées, sait-on jamais. J'y crois pas trop cela dit.

Le charmant charmeur se pointe. Joie. Il me dit bonjour. Et s'installe avec une fille (la même que la fois précédente. Mais c'est qui celle-ci ? Si c'est sa petite amie, je trouve scandaleux qu'il me drague ouvertement. Ou qu'il me drague tout court d'ailleurs) (oui bon, je fais pas ma jeune fille en fleur qui nierait l'adultère, mais quand même). Le jeu des yeux de velours recommence. Puis d'autres amis arrivent. Ils sont obligés de changer de table, rapport à l'espace, et je constate qu'il prend bien soin de se positionner de façon à ce que je reste dans son angle de vue. Et ça continue, encore et encore. Il fait beaucoup d'allers et venues, car c'est service au bar, et bizarrement il est toujours volontaire pour aller commander. Ce qui lui permet de passer tout près de moi, qui suis tout près du comptoir. Quel hasard...

Au comptoir, une dame, pilier du lieu, est déjà à un stade relativement avancé pour l'heure (il fait encore jour), très sociable donc, ce qui engendre, entre elle, mon pote, le charmant et moi, l'échange de quelques facéties. L'intérieur du bar se remplit car un concert commence. Mon pote se lève (merci, ça c'est de l'amitié) (bien que je ne lui aie soufflé mot de ce qui se trame et qu'il n'ait rien remarqué. Il doit être distrait). Bref instant avec le charmant charmeur.

Alors voilà, son prénom est un mélange de Caliméro (le petit poussin noir) (nul n'est censé ignorer la loi mais personne n'est à l'abri d'une carence culturelle. Alors je précise si je veux), de calimucho (cocktail vin-coca. Faut aimer. J'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé, du tout du tout) (idem (pour les carences)) et de Camille (prénom unisexe) (quoi encore ?), sauf que bien sûr son prénom à lui est vachement plus exotique et trop beau. Oui. Il est d'origine chilienne. Il me dit que ça serait bien qu'on se pose un jour tous les deux, parce qu'il croise mon regard et que...(ah bon, nos regards se croisent ? J'me s'rais pas douté) Alors je lui réponds que je m'appelle Ada, que je suis d'origine vietnamienne et que oui, bien sûr, j'habite dans le quartier, on aura l'occasion de se croiser.

Je sors acheter des cacahuètes pour cause de pénurie d'amuse-gueule. Il me demande si je serai là demain : on a rendez-vous ce soir...

mardi 16 mai 2006

N'en jetez plus, la coupe est pleine

Pas d'hospitalisation dans l'immédiat. Mais ce n'est que partie remise, ne soyez pas trop déçus. En tout cas je vous prie de croire que j'en aurais soupé des urgences.

On m'avait demandé de revenir lundi matin. Ce que je fis. Toujours avec ex-monamour. Examen. Il faut opérer, ça maintenant c'est une certitude. Cependant, comme je n'étais pas à jeun (un thé sucré et une clope, c'est pas à jeun), pas moyen d'intervenir dans l'immédiat. Qu'à cela ne tienne, revenez demain à jeun (pas manger, pas boire, pas fumer à partir de minuit). Ce matin donc. Mais là, pas de chance, avec les urgences de la nuit, le bloc opératoire est blindé de chez blindé.

Dis donc, c'est que ça commence à me souler cette histoire. On m'envoie prendre rendez-vous avec un gynéco de l'hosto, qui est informé de mon cas, qui m'examinera incessamment sous peu et me programmera sur un bloc. Périple dans les allées de l'hôpital vu que si c'est simple, c'est pas drôle...La secrétaire m'annonce qu'on ne peut pas me recevoir avant le 3 juillet. Non mais ça va pas du tout ça. J'explique mon cas. J'essaye de négocier. J'échoue lamentablement. À ce stade, dois-je préciser que le désespoir me gagne ?

Résultat : retour à la case départ. Il faut que je trouve un gynéco en ville (comme on dit), qui m'enverra chez un chirurgien, qui programmera une intervention (car - on pourrait presque le déplorer - ma pathologie, certes chiante, ne présente pas un caractère urgent. Ah bon).

On a coutume de dire que nous avons en France les meilleurs services publics de santé. Je ne contredis pas. Simplement je plains les autres...(et je vais hurler ma rage sur le divan avant de passer au bar en bas de chez moi)

mercredi 10 mai 2006

♫ Does the body rule the mind or does the mind rule the body ? ♫

Bon. On en était que Ada kiffe trop la morphine. Ami lecteur, si tu débarques sur ce blog, sache que je ne suis pas une junkie, non, reporte-toi plutôt au post précédent et tu comprendras mieux.

Je vous la fais courte : sortie de l'hôpital, baignade interdite pendant une semaine (bon j'avoue, j'ai fraudé. Mais faut dire aussi, pas se baigner aux Antilles hein, on s'ennuie vite...). Visite de contrôle en fin de séjour : tout est nickel. Fin du flash-back.

Samedi 7 mai 2006. Éveillée par une envie matinale (enfin matinale...grasse matinale quoi, vous me connaissez), je m'extrais du lit d'ex-monamour (ben oui, je me trouvais dans son lit, mais par le plus grand des hasards hein...à moins qu'il ne s'agisse d'une coïncidence...oh vous ici ? ben ça alors, si je m'attendais...) et là catastrophe, non mais c'est pas possible, ça recommence ! L'anesthésiste avait raison.

Je rentre chez moi, prépare une petite valise (nuisette, affaires de toilette, livres, pique-nique), téléphone à ex-monamour pour lui confirmer que je vais bien passer le week-end à l'hôpital (ce qui nous fait hurler de rire tellement c'est drôle. L'ironie du désespoir quoi).

J'arrive aux urgences gynécologiques et d'une voix assurée, genre professionnelle de la santé, j'annonce que j'ai une bartholinite. Pourriez-vous m'indiquer ma chambre s'il vous plaît ? Je prends du thé le matin, pas trop grillés les toasts, merci, et sans télé...Comment ça je dois passer par la salle d'attente ?

Deux femmes enceintes y sont déjà depuis plusieurs heures. Elles parlent de leurs envies :

- Moi je mange plein de fruits : des bananes, des mangues, des pommes...

- Oui, et des pêches et des abricots aussi.

- Ah non, pas les pêches ni les abricots. (Elle aurait pas un peu l'esprit de contradiction celle-ci ?) Des kiwis, des prunes...

(Et des scoubidous bidous non ?)

Ex-monamour me rejoint. Les heures passent. La salle se remplit et, dis donc, tous les gens qui arrivent après moi passent avant moi, c'est pas de pot hein, elles sont toutes prioritaires. En fait elles sont toutes enceintes, enfin c'est ce que j'en ai déduit...Entretemps j'apprends que c'est une journée très particulière, ils ont jamais vu autant de monde, c'est bien ma veine...Ben au moins je suis sûre de pas être cocue (oui, en même temps je suis célibataire, ça limite les risques).

Une demi-journée plus tard c'est mon tour. La gynécologue m'examine. Mais c'est énorme ! Alors là non, excuse-moi petite, mais en tant qu'ancienne combattante de Bartholin and co, laisse-moi te dire que c'est bien moins impressionnant que l'été dernier, rien à voir, tu serais pas chochotte toi des fois ?

Et ça vous fait pas mal ?

(Pourquoi ? Y a moyen d'avoir de la morphine là ?) Ben non, même pas mal...

Mais ça serait pas plutôt un kyste ? Ben écoutez j'en sais fichtrement rien moi, je suis pas le médecin, je suis la patiente (je crois que ça n'est plus à prouver, ça fait des plombes que je suis là, alors oui d'accord, avec ex-monamour on se bisoute pour que le temps passe plus vite, mais je l'ai quand même bien mérité mon titre de patiente).

Bon, ça n'a pas l'air très urgent. Je vais vous prescrire des antibiotiques et vous reviendrez la semaine prochaine. Si ça ne s'arrange pas on opèrera.

Mouais...ça serait pas plutôt qu'ils ont pas de lit ? Enfin bon j'étais quand même contente qu'il me garde pas...Depuis je me gave de médocs et je scrute mon anatomie à intervalles réguliers. Je ne vous cache pas que je ne suis guère optimiste car force est de constater que ça ne diminue pas. J'aurais même tendance à penser que ça augmente...damned ! Voilà pourquoi il ne faudra pas s'étonner en cas d'absence. Pour résumer : silence radio = Ada à l'hosto, c'est noté ?

Non mais c'est sympa l'hôpital. Étant donné la qualité de la bouffe et les activités diverses et variées à disposition, ça fait cure de sommeil et d'amaigrissement en même temps, tellement pratique...

Et puis j'ai reçu un SMS ô combien réconfortant de la part du gosse beau :

Ah merde pas de chance en ce moment ! (allusion à un deuil récent) Le moral et bon ? (ouais bof, c'est quand même un peu la loose pour être tout à fait honnête, mais on fait aller quoi) Si tu veut parlé (oui je conçois bien qu'il se sente plus à l'aise à l'oral) il n y à pas de problème bon courage les soucis de santé Ce n est pas faciles (bel effort pour l'accord mais encore raté !) bonne soirée bisous

Merci au gosse beau. Son orthographe fleurie suffit à me redonner le sourire.

(J'ajoute que dernièrement j'ai dormi 5 jours consécutifs (de jeudi à lundi pour être précise) chez ex-monamour, on a passé beaucoup de temps en amoureux, il m'inonde (oui bon, on se calme) de tendresse (entre autres, oui) mais sinon, rassurez-vous (en choeur s'il vous plaît) : on-n'est-plus-ensemble.)

mardi 9 mai 2006

♫ Viens voir le docteur, non n'aie pas peur ♫

Votre attention s'il vous plaît, vous allez assister, une fois n'est pas coutume, à une entreprise de démystification, tant pis, y a que la vérité qui compte...

Commençons par un flash-back. Août 2005, jour de mon anniversaire (oui, 82 ans, c'est bien). Confortablement installés sur les larges fauteuils d'Air France...Non reprenons. Fort à l'étroit sur de minuscules sièges même pas rembourrés (mais on n'avait pourtant pas demandé des places enfants), ex-monamour (les genoux coincés sous le menton, car il est grand pour de vrai) et moi-même nous envolons vers le département d'outre-mer où vit sa famille. À côté de moi un homme entre en prière, aggripé aux accoudoirs car, souvenez-vous, c'était l'année où les crashes d'avion devenaient routiniers et par conséquent les gens avaient trop la trouille et l'ambiance était électrique...

À mi-chemin ou à peu près, de retour des commodités (oui c'est comme ça qu'on dit en langage châtié), j'exprime à ex-monamour ma perplexité face à un phénomène physiologique tout à fait inédit et en texte intégral, à savoir qu'une certaine partie de mon corps, située plutôt entre les jambes, du côté gauche pour être exacte, se met à gonfler et c'est quand même bizarre n'est-ce pas ?

Un peu plus tard, toujours dans l'avion, une nouvelle inspection me permet d'affirmer que oui, c'est sûr, ce n'est pas une illusion d'optique, ça gonfle. Ex-monamour propose de lancer un appel au cas où il y aurait un médecin dans l'appareil. Je refuse ce scénario même pas digne d'un film catastrophe...

Arrivée à destination je me précipite à la permanence médicale de l'aéroport...où je tombe sur un vieux monsieur piquant du nez sur son bureau. Euh bonjour, excusez-moi de vous réveiller, pourriez-vous m'examiner s'il vous plaît ? Ce qui tient lieu de cabinet est poussiéreux, j'hésite un peu à m'allonger, mais bon, à la guerre comme à la guerre. Le vieux monsieur, armé d'une lampe frontale examine, longtemps, longtemps...oui bon ça va aller non ? et s'exclame : ah ben dis donc, j'ai jamais vu ça. Merci de me rassurer, c'est tout à fait ce qu'il me fallait. Alors on fait quoi maintenant hein, gros malin ? Je lui demande de m'indiquer un gynécologue. Ah ben non, pensez-vous, il en connaît pas. Bon. Ben alors vous pourriez peut-être me prescrire des anti-inflammatoires non ? moi j'dis ça, j'suis pas médecin, mais il me semble que vu que ça gonfle...Vous voulez peut-être que je vous tienne la main pour écrire ? Non ? ça ira ? Pendant qu'il rédige l'ordonnance, il me demande où je vais passer mes vacances. Je lui dis que je suis hébergée chez monsieur XXX, que je suis l'amie de son petit-fils. Et là il s'illumine, le vieillard revient à la vie : ah monsieur XXX, mais c'est un ami, un grand ami ! etc etc...Je me dis qu'il va peut-être pas me faire payer du coup, par amitié, et puis aussi, faut bien dire ce qui est, parce qu'il a pas vraiment bossé papy. Mais non, ça fait 23 euros. En me serrant la main, il ne me souhaite pas un bon rétablissement, non, surtout pas, il me demande de passer le bonjour à monsieur XXX. Je suis à peine énervée, presque pas. Je passe à la pharmacie et me rend compte qu'il m'a prescrit des suppositoires. Toujours zen. Les vacances commencent, nous sommes sous les tropiques, la vie est belle.

Un peu plus tard nous savourons un ti punch dans le jardin. C'est pour moi le premier contact avec la famille d'ex-monamour : dites-moi, vous auriez l'adresse d'un gynécologue ? La grande classe.

Je passe une horrible nuit car, outre le décalage horaire, j'ai l'impression (et ce n'est pas qu'une impression) que ça triple de volume. Ex-monamour calme mes angoisses d'un rassurant : de toutes façons on ne peut rien faire avant demain, alors ça sert à rien de s'inquiéter. Bon ben bonne nuit alors. Monamour.

Le lendemain à la première heure nous épluchons l'annuaire. J'obtiens un rendez-vous pour 13 heures. Ok. Ça nous laisse le temps d'aller nous baigner. L'eau est chaude, c'est un vrai bonheur, sous le soleil nos peaux brunissent en deux deux, mais j'éclate en sanglots parce que...c'est quoi ce truc qui déforme mon corps ?

Chez le gynéco. Assise en face d'elle je lui explique ce qui m'arrive. Ah mais ça doit être une bartholinite. Dieu soit loué, j'ai une maladie homologuée. Vous pouvez pas savoir le soulagement...juste parce qu'un diagnostic est enfin posé, juste parce qu'il y a un mot pour expliquer ce que j'ai. On passe à l'examen. Et là, ça rigole moins. Ouh là là, mais c'est énorme (je ne vous le fais pas dire). Normalement ça se traite aux antibiotiques, mais là, va falloir opérer. Quoi ? Could you repeat, please, before I cry...

Elle m'envoie chez un chirurgien. Je grille toute la salle d'attente, comme une princesse. Oui je peux vous opérer, mais pas avant deux jours, je n'ai le bloc opératoire que jeudi. C'est une blague ? Alors, me dit-il, vous avez le choix. Soit vous attendez deux jours, soit vous allez aux urgences. Non mais tu m'as bien regardée ? Tu crois vraiment que je vais patienter 48 heures sans devenir folle ?

Alors quoi ? Ben oui, forcément, les urgences. Surpeuplées les urgences, comme de bien entendu. Une petite fille s'est coincée le doigt dans une porte. Elle ne saigne ni ne pleure. Eh la pharmacie ça aurait peut-être suffit non ? Mais non je suis pas énervée, pas du tout, c'est mon état normal. J'explique à l'infirmière à l'accueil que je dois voir un gynéco. Ah non mademoiselle, vous passez d'abord avec un généraliste et ensuite il vous oriente vers un spécialiste si besoin est. Par contre on peut pas vous dire dans combien de temps...Non mais tu te fous de ma gueule toi, je sais ce que j'ai, c'est une bartholinite grave. Ah d'accord, répond-elle naïve, vous saignez c'est ça ? Non je saigne pas, pauvre crétine, j'ai besoin d'un intervention chirurgicale urgente, d'où ma présence aux urgences, tu saisis mamzlle Neuneu ? ah dans ce cas, mais de façon tout à fait exceptionnelle, je vais vous envoyer chez un gynécologue. Eh ben voilà, tes deux neurones ont fini par connecter, tu vois quand tu veux...

Gynéco bis. Mais c'est énorme ! (non, sans blague ?) Mais ça vous fait pas mal ? Ben non. Oui, j'ai oublié de vous dire, c'est totalement indolore. Étrange, voyez-vous, car selon les médecins, ça fait hurler de douleur ce truc. Ben chez moi non, je suis trop une résistante.

Entretien avec l'anesthésiste : c'est la première fois que ça vous arrive ? Euh...comment ça ? Sous-entendriez-vous que c'est le genre de chose qui peut arriver plusieurs fois à une même personne dans une même vie ? Et vous croyez à la justice vous ?

Bref, hospitalisation, opération, réanimation. Et là au réveil, au secours, j'ai mal. Ils m'ont ratée ou quoi ? Non, c'est normal, me dit-on, on va vous donner un peu de morphine. Sur une échelle de 1 à 10, vous avez mal combien ? Euh, disons 5...Injection. Petit soulagement. Euh en fait je m'ai trompée, je voulais dire 8. Re-injection. Waow, c'est trop puissant la morphine, je pourrais en avoir pour le dessert aussi ?

(Fin du premier épisode. Prochainement la suite, avec des blouses blanches, du suspense plein de rebondissements et Ada au top de la santé...)