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mardi 19 septembre 2006

♫ Mes amis, mes amours, mes emmerdes ♫

Pff...j'te jure, y a des gens fatigants, je t'en donne trois en pâture.

Le premier.

Mon téléphone vibre. Un numéro non répertorié s'affiche...Même pas peur.

Oui ?

Bonjour Ada, ça va ?

Oui, c'est qui ?

C'est Canada Dry.

Oh Canada Dry ? Mais tu n'es pas aux États-Unis ?

Ça y est, je suis rentré.

Tu sais, j'ai rencontré ton ami, le mystérieux inconnu...

Ah bon ? Et vous êtes ensemble alors ? (j'aime ces déductions hâtives et sans fondement)

Non tu plaisantes...Il m'a un peu harcelée au téléphone. Franchement t'aurais pu éviter de lui donner mon numéro.

Mais je lui ai jamais donné ton numéro ! Pourquoi j'aurais fait ça ?

Je sais pas moi...c'est ce qu'il m'a dit. Il m'a dit aussi que tu t'installais en Californie.

N'importe quoi ! J'y étais pour les vacances. J'ai repris les cours là.

Bon, c'est vos affaires après tout, tu le connais mieux que moi, c'est ton ami.

C'est pas du tout un ami, c'est le frère d'un cousin (cousin au sens élargi africain, s'entend).

Bon bon. Ça n'explique pas comment il a eu mon numéro.

Il a dû le piquer dans mon portable (ben voyons, fous-toi de ma gueule). On peut boire un verre dans la semaine ? tu m'appelles ?

Ouais, on verra, pourquoi pas ?

Et ce soir tu fais quoi ?

Pas grand chose de prévu pour l'instant.

Tu m'appelles quand tu sors du taff ? je serai chez moi, y a un petit bar en bas, on peut s'y retrouver ?

Ouais peut-être.

Mais un apéro entre amis à la Butte aux cailles s'organise. Y a des priorités dans la vie...Et si Canada Dry est en quête de partenaire sexuel, faut pas qu'il compte sur moi.

Mon pote est dans un sale état. Il est amoureux et c'est compliqué (rien de très original quoi). On essaye de lui faire comprendre qu'il faut qu'il se lance. La fille arrête pas de lui jeter des regards de braise, elle lui envoie des SMS, elle rit même à ses blagues à deux balles (un signe qui ne trompe pas). Lui il a la trouille, il veut pas gâcher, il veut même pas en parler. Mais nous, tu sais comme on est, des bons amis merde...Faut dire aussi qu'il se remet très lentement (comptez 18 à 24 mois) d'un gros chagrin...

Il me ramène en scooter dans mon quartier, j'achète à manger, on se pose en terrasse du nouveau bar. Il a beaucoup trop bu et quand on lève le camp je lui dis : oh toi je sens que je vais te loger, je peux pas te laisser rouler dans ces conditions. Mais tu vas pas dormir chez le charmant ? (je traduis hein, l'élocution était bien plus difficile). Eh oh, pas tous les jours non plus. Là je rentre chez moi et toi tu fais pareil.

On se couche, il tente un câlin, je rectifie, il me parle de câlin d'amitié, oui mais non, je reste gentille, je mets ça sur le compte des ses abus, allez tu dors.

La deuxième.

Ce matin, réveil tôt (8h). Oui parce que dernièrement au taff, je me suis fait un peu griller : lors d'une réunion de service à laquelle je n'assistais pas (comme quoi les absents, on leur trouve toujours des torts), quelqu'une a annoncé publiquement, je veux dire tu peux pas faire beaucoup plus public qu'une réunion de service, niveau confidentialité c'est nickel : de toutes façons Ada elle arrive tellemnt tard qu'on sait jamais si elle va venir...Les copines m'ont prévenue que ça risquait d'être bientôt ma fête, alors bon, je fais des efforts jusqu'à ce qu'ils oublient, disons pendant deux-trois jours, ça devrait suffire.

En plus qu'est-ce que ça peut bien faire, mon heure d'arrivée, ça m'empêche de taffer peut-être ? Ce que j'aime beaucoup, c'est que personne (personne hiérarchiquement habilité je veux dire) personne ne m'en touche ne serait-ce qu'un mot. Non, on préfère les chemins détournés, surtout pas de contact direct. N'essayons pas de discuter.

Le troisième.

Donc ce matin j'assure. Je prépare du thé, j'en propose à mon pote. Réponse : je sais pas trop. Ben décide-toi, je te l'amèen au lit là, c'est sympa non ? Bon d'accord. Il ne dit surtout pas merci, pas la peine. Que fait-il à la place ? Il râle. Ouais parce que lui il est au chômage en ce moment, alors c'est quoi cette idée farfelue de faire sonner un réveil ? En plus j'écoute les infos et ça le soule. Je lui dis que désolée mais je travaille moi môssieur, toutes mes excuses vraiment...alors mon grand t'es gentil, tu vas cuver ♫ [t]on alcool et [t]a haine ♫ en silence ok ? Sur un ton calme mais me cherche pas non plus hein, je sais que toutes les circonstances atténuantes du monde sont réunies, mais bon si tu permets j'ai une vie aussi. Et puis c'est pas comme si ça m'était facile et naturel de me réveiller à cette heure, je lutte là et je peux aussi être de mauvais poil si je veux d'abord.

Sur le chemin coup de fil du charmant charmeur chilien qui, lui, rentre d'une longue nuit de taff. Subitement mon monde s'emplit de douce chaleur...

vendredi 21 juillet 2006

"Si ce n'est toi c'est donc ton frère"

Hier soir concert de soutien à un peuple indien d'Amérique du Sud. Avec le charmant charmeur chilien en DJ pendant les transitions. Je vous passe le groupe de métal, niveau débutant, qui s'éclate comme un petit fou et déclenche dans le public, indulgent mais pas invulnérable, une vague de migraines. Je vous passe les rappeurs qui font un peu trop long. Je vous passe l'ingénieur du son qui cafouille grave. Heureusement y avait Sergent Garcia, seul, à la guitare (il était bien aussi le temps des Ludwig von 88).

L'événement marquant, c'est que j'ai mis un visage sur le mystérieux inconnu. Souvenez-vous, Ada malade, Ada convalescente en province. Coup de fil :

Bonjour Ada, tu vas bien ?

Oui mais c'est qui ?

C'est le mystérieux inconnu (là il me sort un prénom digne d'un protagoniste de série américaine) tu te souviens ?

Ah non, pas vraiment...(Laisse-moi réfléchir...Dallas ? Les feux de l'amour ? Tu sais, je suis pas forte en télé) (mais non je me moque pas, je sais bien qu'il a pas choisi son prénom ce pauvre garçon)

Mais si, on s'est vu à la soirée de XXX, on avait discuté, c'était cool. Je suis black, je suis musclé...(ben écoute, je suis contente pour toi, mais sincèrement, ça me fait une belle jambe)

Ah bon ? désolée je vois pas. Mais qui t'as donné mon numéro ?

Toi !

Alors là non, c'est pas possible, je m'en rappellerai.

Mais si mais si (quel menteur hein) alors quand est-ce qu'on boit un verre ?

Ben là je suis en vacances...et puis on se connaît pas...

Et t'es où en vacances ? (mais de quoi je me mêle ?)

Chez ma mère (ça calme ça non ?)

Bon je te rappellerai, passe le bonjour à ta mère (je n'y manquerai pas, tu penses bien)

J'appelle les copines pour me renseigner. Mais c'est qui ce gars ? Y en a une qui croit savoir mais elle jure qu'elle ne lui a pas donné mes coordonnées. Et je lui fais confiance. Mystère donc. Puis j'oublie.

Deuxième coup de fil sur le même mode...

Troisième coup de fil. Je zappe car maintenant il est dans mon répertoire, je sais donc que c'est lui, eh eh. Il laisse un message : Ada, c'est le mystérieux inconnu. Je voulais avoir de tes nouvelles, alors rappelle-moi s'il te plaît. Non, désolée.

Quatrième coup de fil. Idem. Là je me dis que s'il rappelle encore un fois, ce mec est un malade mental.

Cinquième coup de fil (ce mec est un malade mental) hier, mais il m'a feintée en appelant d'un fixe. Trop sioux. Dans le brouhaha du concert j'entends T'es où ? et spontanément je réponds À XXX. Ah je suis juste à côté, j'arrive. Non mais quelle conne. Ça s'appelle du réflexe conditionné. T'es où, j'suis là. Vive le téléphone portable.

Il vient, donc. Black et musclé c'est vrai, agréable à regarder. Au bout d'une demi-heure et après m'avoir demandé des nouvelles de ma mère (ah il a de la suite dans les idées), il finit par m'avouer qu'il m'a vue de loin dans une soirée (de loin, donc on n'a même pas discuté. Mais était-il même présent à cette soirée ? Nul ne le saura jamais. J'y crois pas trop) et que ce n'est pas moi qui lui ait donné mon numéro (merci du renseignement), mais...qui ? hein ? qui ?...Canada Dry (un ex-amant, pour les non-lecteurs de la première heure). Eh ben voilà, résolution du mystère. Ça m'a donné l'occasion de prendre des nouvelles dudit Canada Dry car, vous l'avez peut-être constaté, on s'est comme qui dirait perdu de vue (c'est ça les relations basées sur le sexe, ça tient pas trop la route. Disons que tant qu'à faire du sexe, autant varier les plaisirs et les partenaires).

Sauf que là, je t'explique, tu vois le mec derrière les platines, oui ? tu vois ? C'est mon mec (je simplifie hein, sinon on s'en sort pas). Et en plus je trouve ça moyen comme procédé. On va donc en rester là. Donc tu rentres avec lui ce soir ? Oui, tu as parfaitement compris. Et demain soir, tu fais quoi ? Dites-moi que je rêve...

Le charmant charmeur chilien arrive. Il me demande si c'est mon ex (il voit mes ex partout). Je lui raconte vite fait. Ça le fait marrer. C'est vrai que c'est cocasse. On boit un verre et on trace. Salut mystérieux inconnu, amuse-toi bien (enfin à l'avenir je veux dire, parce que là ça va fermer). Sur le chemin du retour, le charmant me dit : Dis donc, t'as dû sacrément bien baiser avec Canada Dry pour qu'il te recommande à ses potes et vice-versa...Oui c'est pas faux. Un plan cul sur un plateau. Mais non merci j'ai plus faim.

jeudi 15 juin 2006

In the mood for Love, etc

Oui, je sais ce que vous allez dire...Alors chantons les amis, en ce jour de retrouvailles (sous la fameuse grisaille parisienne, celle qui aura ma peau dorée), chantons ! ♫ Je rentre un peu tard je sais, 18 ans de retard c'est vrai, mais j'ai trouvé mes allumettes, dans une rue du Massachusetts...C'est moi, c'est l'Italien, est-ce qu'il y a quelqu'un ? ♫ Oui bon voilà, I'm back.

Je vous propose une approche thématique de ces dernières semaines.

L'opération.

Entrée à l'hosto à 18h, anesthésie à 18h30, réveil à 19h15 (pas de morphine malgré mes tentatives d'apitoiement), retour en chambre à 20h, remise en liberté 48h après. Emballez, c'est pesé. En bonus 3 semaines d'arrêt de travail pour cause rendez-vous hebdomadaire avec le gynéco. Ok je prends.

La plage.

Eau chaude, soleil de plomb, léger vent, pédalo (ouais j'ai fait du pédalo. Même que le gars nous a pourchassé parce qu'on s'éloignait trop de la zone balisée. C'est vrai qu'on commençait à se dire que la mer s'agitait drôlement). Je suis pas loin d'être noire, ce qui est du plus bel effet au taff : Alors ma pauvre, ça va mieux ? Oh mais tu as vraiment bonne mine...Euh oui, la luxthérapie, tu connais pas ?

La fête.

À l'ombre des platanes, les débuts de soirée sont doux, cueillez, cueillez vostre jeunesse...Les dîners en terrasse. La nuit à nous.

J'ai dansé dans une boîte où la moyenne d'âge était effrayante. Imaginez une foule de gens tous nés APRES 1985. Un jeune homme voulait m'inviter chez lui (vu qu'il habitait juste à côté. C'est marrant comme ils habitent tous juste à côté hein ? Viens, c'est pas loin...Ils ont des prix à cause des nuisances sonores ou bien c'est un baratin standard ?). J'ai refusé mais nous avons discuté. Comme il s'enquerrait de mon âge et que j'annonçais 25 (ouh la menteuse ! Oui bon, mais dans ces milieux hostiles, faut bien s'adapter pour survivre...), il a eu un regard étonné qui voulait dire "waw, mais t'es vieille alors ?"...ce qui en un sens est flatteur, vu qu'en réalité j'ai 82 ans...mais bon faudrait leur dire qu'il y a une vie après l'adolescence quand même.

L'amour.

Ça se complexifie. Forcément. Le gosse beau (souvenez-vous, champion de la dictée de Pivot, il remet son titre en jeu tous les ans, même pas peur) m'a rejoint quelques jours autour de l'Ascension (non, c'est pas une région. Là ousque j'étais, pour vous donner un indice, les aides-soignantes m'appelaient peucheurette). Ça se confirme, nous avons bien 11 ans d'écart...Il se nourrit de hamburgers (notamment celui qui te met du soleil à l'intérieur de toi) et de kebabs. Moi je mangeais les frites...Mais si c'est pas mimi de poser des congés spécialement pour moi ! Bref il a fait chaud.

En parlant de coup de chaud, j'ai bien failli perdre mon permis de conduire. J'vous raconte ? Bon allez, c'est bien parce que c'est vous. Mais attention, il ne faut pas reproduire cette expérience à la maison, elle a été réalisée par des spécialistes. Petit matin, sortie de boîte. Je suis au volant. Le gosse beau n'est pas vraiment d'accord mais j'insiste en lui disant que de toutes façons on va se faire arrêter, et que si quelqu'un doit se sacrifier, c'est moi, vu que lui il a vraiment besoin de sa caisse, tandis que moi, hein, à Paris c'est métro-bus de nuit-éventuellement taxi, alors...En fait sous cette façade altruiste se cache une puérile envie de conduire sa voiture de ministre avec GPS intégré...Nous roulons. Je lance pour rire "Eh te retourne pas, j'crois qu'on est suivi". D'un coup d'oeil dans le rétro, le gosse beau m'annonce qu'il s'agit d'une voiture de police et qu'ils nous font des appels de phare. Ah ! alors ? c'est qui madame Soleil ? hein ? c'est qui ? Bonsoir, dites-moi mademoiselle, vous chaloupez un peu là hein ? Vous avez consommé ? Oh non, pensez-vous, en plus j'habite juste à côté (toujours dire qu'on habite juste à côté, les jeunes l'ont bien compris). Vous avez les papiers du véhicule ? (Il faut vous dire que la voiture a une plaque toute chelou car elle est immatriculée en France mais depuis l'étranger, ce qui lui fait une tête bizarre). Pendant qu'il s'éloigne pour lire la paperasse, je demande au gosse beau de me passer un chewing-gum, vu que peu de temps auparavant il m'a appris, mais c'est à vérifier, et non pas à expérimenter je répète, que ça fausse l'alcootest. Pas le temps, il me file celui qu'il a déjà dans la bouche. Est-ce que ça suffira à masquer la vodka ? Je me vois déjà interdite de conduite pour les siècles des siècles avec PV qui mettra sur la paille ma descendance jusqu'à extinction de la dynastie...Le flic revient, me recommande la prudence et roule Mimile ! Bénissons l'entité divine qui a voulu qu'ils n'aient pas le matos pour me faire souffler, loué soit le Seigneur qui rend la police indulgente !

Le gosse beau est reparti dans sa lointaine contrée. Exit le gosse beau. Entrée en scène d'(ex)-monamour. Oui, y a des parenthèses sur l'ex. Après de longues heures au téléphone au cours desquelles je lui faisais part de mon ras-le-bol de cette relation bâtarde, (ex)-monamour me dit qu'il m'aime, que c'est sérieux, et pour le prouver, il me rejoint en louant illico presto un studio dans cette petite ville de province où je coule des jours heureux de convalescente qui fait la teuf. Inutile de préciser que nous avons passé des vacances de rêve. Oui inutile. Le seul hic, c'est qu'il y est encore, ayant pris une location mensuelle...Avec l'idée, en prime, de s'installer dans la région. Mais sinon on est ensemble...Je viens de recevoir un mail où il écrit en lettres capitales JE T'AIME. Je ne sais pas quand on se reverra. Tout cela est d'une simplicité les amis...D'où les parenthèses, restons prudents.

Parallèlement j'ai reçu plusieurs coups de fil d'un mystérieux inconnu avec qui j'aurais discuté dans une soirée et qui a très envie de me revoir. Je ne vois pas du tout qui est ce jeune homme, c'est bien simple : je ne le connais pas et surtout, je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone malgré ce qu'il prétend (mais qui alors ? qui a osé lui donner mes coordonnées sans m'en parler ? Un traître ou une traîtresse se cache parmi mes connaissances, je mène l'enquête).

Pour corser le tout, le charmant charmeur chilien se rappelle à mon bon souvenir par SMS interposés.

Pendant mon absence :

Soigne toi bien ptite marmotte ! jtenvoie plein pleins dbizous !

Hello ! Jespère ke tu vas bien é ktout se passe bien pr toi Je pense à toi é jtenvoie plein dpensées positives et pleins dbizous !

Profite bien du soleil ! Bonnes vacances !

Jtenvoie une pensée chaude pr cette douce soirée d'été !

Dès mon retour :

On peut svoir demain pr le ptit déj ? En fin dmat ou débu daprèm si ta besoin de te reposé ? Le soir jboss juska minuit !

Domage ktu taf demain. Dtoute façon on svoa bientot ! Bonne nuit ptite marmotte

Comment résister ? Faut-il résister ? Je vais m'allonger sur le divan et on en reparle.