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jeudi 12 octobre 2006

♫ Puisque ma vie n'est rien alors je la veux toute ♫

Que tu le veuilles ou non, on va faire un petit arrêt sur image. Respire, j'ai pas dit arrêt du blog, relis, tu vas voir...Tu crois que je peux faire fi de mes responsabilités ? tu crois que je serais capable de tet lâcher alors que je te suis encore tellement nécessaire ? Voyons, tu sais bien que tu peux compter sur moi, tu le sais, je vais pas toujours le répéter. Ton angoisse d'abandon tout le temps, franchement fais quelque chose. Et puis cesse de paniquer pour rien, ça devient pénible.

Bon t'es prêt ? Prends un quart de feuille, inscris ton nom en haut à gauche, interrogation surprise à choix multiple. Ah ben oui, fallait bien que ça arrive un jour. Et non on peut pas reporter à demain, la surprise c'est maintenant, tu prends ton air étonné merci.

Question : c'est qui mon pote ?

Petit a, c'est le gars qui me porte sur ses épaules à la fête de l'Huma.

Petit b, c'est le gars qui râle le matin.

Petit c, c'est le gars avec qui je bois un verre le jour de la rencontre décisive avec le charmant charmeur chilien.

Allez allez, exécution. C'est pas compliqué, reconnais-le. C'que je ferai pas pour faciliter ton passage...Bon ça y est, t'as trouvé ?

Hier soir on se retrouve sur une terrasse, à côté de mon taff. Je crois avoir déciddé un jour de ne plus metter ls pieds dans ce bar à cause des tarifs. Mais bon, on n'a pas beaucoup de temps, on chipote pas. Quand le serveur pose la note, dans une superbe pince à linge au nom de l'établissement, juste à côté des amuse-gueules (le comble du chic, très cher, des bonbons piqués sur des cure-dents, tout à fait adapté à un apéro à la bière), je décide pour la deuième fois de en plus jamais revenir. Mon pote reçoit un SMS de sa belle. Yeux qui brillent, léger rosissement des joues, étirement de la bouche vers le haut, visage illuminé de l'intérieur. Arrêt sur mon pote : cet homme est heureux.

Tandis qu'il enfourche son destrier vers de nouvelles aventures, je monte dans le métro pour rejoindre le charmant en terrasse u nouveau bar. Au moins la bière est abordable (elle se la joue pas top model trop belle pour toi) et les assiettes de charcuterie gratuites et plus adéquates. Forcément on croise du monde.

Question : c'est qui Phénix ?

Petit a, c'est le gars qui renaît de ses cendres.

Petit b, c'est le gars déchiré par l'amour.

Petit c, c'est le gars qui veut se raser le crâne.

On n'a pas toute la nuit non plus. Le jour de l'examen, ce sera en temps limité, faudra gérer mon ami. N'oublie pas qu'on est là pour tester tes savoirs. Moi je m'en fous, je la connais la leçon.

Phénix a beaucoup maigri, il n'a pas bonne mine mais comme d'habitude, il annonce que ça va mieux. Ça te rappelle rien ? Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux. Mmm ? Coué-ce que t'en dis ? Alors je répète pour ceux du fond : quand quelqu'un te serine qu'il va mieux, c'est qu'il est pas serein. Il se frotte les mains tel Ponce-Pilate (j'attire ton attention, il ne faut pas le confondre avec Pierre Ponce, qui frotte aussi, mais c'est un faux-ami, méfie-toi), il se triture la barbichette. Le regard vague, il dit qu'il va faire le tour du monde, à la roots, en cargo et sac à dos. Arrêt sur Phénix : cet homme a du mal à se poser.

Autour de 23 heures on décide qu'on va peut-être rompre le jeûne. Ouh là non qu'est-ce que tu vas encore imaginer, je te rappelle qu'on prend l'apéro là, alors les piliers de l'Islam, je veux bien, mais nous on fait plutôt piliers de bar. Comme c'est le mois de Ramadan, on va manger un couscous, quand même on n'est pas totalement hors sujet (prends exemple). La nuit est douce, on migre vers une autre terrasse. Une quatrième personne s'est greffée à notre joyeuse troupe (on fait des arrêts sur image, je peux bien mettre des clichés).

Question : c'est qui la grande dame ?

Petit a, c'est une nana qui pourrait être ma mère mais ça n'a rien à voir.

Petit b, c'est une nana qui est en train de perdre sa mère.

Petit c, c'est une nana experte en tai chi chuan.

C'est bon, t'as compris le principe ? Tu vois que c'était pas la peine de flipper, je suis pas là pour te mettre des bâtons dans les roues, aie confiance un peu.

Ça fait longtemps qu'on l'a pas vue, faut dire qu'elle est pas très disponible actuellement. À l'hosto y a quelques temps, ils disaient que c'était une question de semaines. Maintenant ils parlent de jours. Ils se sont pris pour Apollinaire ou quoi ? Elle raconte le contraste de sa mère sous assistance respiratoire et nous, bien vivants, bons vivants. Devant un jus d'abricot, enveloppée dans son écharpe en cachemire, ses yeux se voilent d'un peu de tristesse et d'un peu de joie. Arrêt sur la grande dame : cette femme est émue.

On mange de bon appétit. On part de Garcimore, on passe par les levers de soleil dans la montagne et on en arrive au cinéma.

Question : c'est qui le charmant charmeutr chilien ?

Petit a, c'est un gars charmant.

Petit b, c'est un gars charmeur.

Petit c, c'est un gars chilien.

T'es bientôt au bout de tes peines, encore un petit effort, je fais vite, promis.

Le charmant est resté très proche de moi de la soirée. Il veut qu'on voie ensemble In the mood for love (qu'est-ce que ça cache ?). Il baise le creux de ma main. Arrêt sur le charmant : cet homme est aimant.

La récré dans une minute, on finit. Prends tous ces arrêts sur image, tu vas comprendre.

Question : c'est qui Ada ?

Petit a, c'est une fille heureuse.

Petit b, c'est une fille qui a du mal à se poser.

Petit c, c'est une fille émue.

Petit d, c'est une fille aimante.

Y a pas de piège.

vendredi 29 septembre 2006

"Au réveil il était midi"

Le réveil a sonné à 13h et j'aurais bien aimé dormir beaucoup plus. Ma conscience professionnelle ne ma l'a pas permis (vas-y, esclaffe-toi je t'en prie. De toutes façons j'étais pas à la bourre, où est le problème ?).

Hier fallait aller sur une péniche. Tu t'en souviens peut-être, une récente expérience malheureuse en la matière m'avait quelque peu échaudée, ou refroidie, c'est selon. Mais là il s'agissait d'une soirée de soutien aux sans-papiers. Tu peux pas dire non. Ou alors faut avoir une bonne excuse (y a un bon film à la télé n'est pas considéré comme une bonnes excuse, surtout quand ta télé te sert de porte-manteau et que tu n'as pas le programme).

Le charmant charmeur chilien part en skate-éclaireur car c'est entre quai de la rapée et quai de la gare ; Phénix et moi sommes en métro et on n'a pas vraiment envie de se galérer dans ces zones pas interdites du tout mais pas non plus tellement sympas...SMS de l'éclaireur : cé quai dla gare fo traversé le pont et cé en face dla piscine ! 5 euros. A ta leur ! Ami lecteur, tu ne connais peut-être pas Paris, alors laisse-moi te dire que si tu descends à quai de la gare et que tu traverses le pont, ben t'es con, c'est tellement plus simple de descendre à Bercy (après tu peux chipoter et dire que ça dépend d'où tu viens. Eh ben non, ça dépend pas). Phénix et moi ne nous laissons pas embrouiller par ce jeu de piste, on est trop des rusés.

À l'entrée on te file un coup de tampon où tu veux sur le corps. J'ai la vague intuition aujourd'hui que c'est de l'encre indélébile. L'avenir nous le dira. Remarque c'est toujours mieux que la fête de l'Huma, où d'abord tu fais la queue pour acheter ton ticket d'entrée, puis tu fais la queue pour échanger ton ticket contre un magnifique bracelet rouge en plastique (pourquoi ils te donnent pas direct le bracelet ? ça crée des emplois, c'est ça ?) et pour finir tu es obligé d'arracher ce putain de bracelet avec les dents parce qu'il se ferme mais ne se rouvre jamais...Bon là t'es tatoué à vie mais ça t'a pas coûté cher, on va pas se plaindre.

À l'intérieur t'es obligé de consommer beaucoup d'alcool parce que tous les bénéfices vont aux sans-papiers et t'as vraiment envie de leur faire plaisir. Le soun system est de fort bonne qualité. Sarko en prend plein la gueule, les expulsés de Cachan sont nos frères.

Le charmant va chanter bientôt mais si tu crois que ça le stresse, n'importe quoi. Moi j'en aurais fiat une maladie trois jours avant, ou je serais pas venue à la limite, ou alors je me la jouerais attends faut que je me concentre là, j'vais me chauffer la voix, ou encore je m'enivrerais...Lui il est là, paisible, on discute, on danse un peu. J'oublie de te dire : c'est pas du tout une chanson qu'il a répétée qu'il va interpréter, penses-tu, ce serait pas drôle...il va faire une impro hein, ça sera plus simple. Et puis il y va. Et puis il revient. Et voilà quoi, on va pas en faire un fromage. Phénix est en extase, il le serre dans ses bras et tout. Faut dire qu'il est comme ça Phénix, comme il a besoin d'amour, il en donne. Moi aussi j'ai trouvé ça bien. L'absence de trac, l'impro et la prestation en elle-même m'ont pas mal impressionnée.

Ensuite on prend un taxi tous les trois. Et pas beaucoup plus tard le réveil sonne. Pas le temps de passer chez moi. J'ai donc l'honneur de te révéler que mes fringuent puent, non pas le tabac, mais l'herbe. Du plus bel effet en service public...

(La loose bordélique n'ayant pas l'air de vouloir lâcher l'affaire, mon moral, qui a beau ne pas s'appeler Stéphane, reste en berne. Cependant ça va quand même, commennce pas à pas niquer, tu as quand même mieux à faire et moi aussi).

mercredi 13 septembre 2006

"Et je m'en vais au vent mauvais"

Bon là il se passe des choses, faut que je te raconte.

Depuis quelques temps j'ai changé de bar. Celui où j'allais avant, plus connu sous le nom de "bar en bas de chez moi" alors qu'en fait le terme exactt c'est "bar en bas de chez le charmant charmeur chilien" (ça fait exercice d'élocution ici en prime, ne me remercie pas, je l'ai eu pour pas cher) (pas le charmant, charrie pas) (mais qui sait ? peut-être un jour "bar en bas de chez moi s'avèrera juste également, vu que tu sais quoi), j'y vais plus.

Tu vois, c'est pas compliqué la vie, tu comprends rien mais c'est pas grave. Maintenant si tu me demandes pourquoi, je te répondrai parce que. Si tu précises ta question, je te donnerai mes raisons, au nombre de plusieurs, entre autres : un des serveurs, appelons-le Gégé, c'est moche, ça lui va bien - range la terrasse beaucoup trop tôt, limite tu te demandes si tu déranges pas. Un soir, profitant de l'absence momentanée du charmant parti en quête de frites, il avait fait le vide autour de moi, à tel point que j'avais dû âprement lutter pour conserver la chaise du charmant, tout en envoyant au susnommé un SMS qui disait en substance : au secours !

Figure-toi qu'au temps de mon célibat, le Gégé en question était tout mielleux avec moi, tu vois le genre ? Si tu es une fille seule, morte de faim, va voir Gégé, il s'occupera de toi. Celles qui l'ont essayé (perso j'en connais qu'une) ne s'en vantent pas (par contre lui oui, t'inquiète, tout l'arrondissemnt sera au jus si tu te tapes le Gégé), elles ont plutôt tendance à avoir honte, voire même à se déresponsabiliser derrière des "oui mais si tu savais comme j'étais bourrée (non merci, chacun sa technique, je ne veux pas de détails), je me souviens de rien (menteuse)". Bon moi je n'ai pas tenté l'expérience. Disons juste qu'il m'a draguée par ci par là et que devant tant de mauvaise volonté, il a lâché l'affaire. Mais entre la tentative de te retenir après la fermeture et les signaux ostentatoires pour te faire dégager vite fait bien fait, il y a un juste milieu qu'il maîtrise mal.

Ensuite le Gégé, il a des méthodes un peu brutale. Vlà-ty pas qu'un jour il placarde une affiche Wanted avec le nom d'un gars, plus son adresse, plus son téléphone, sous prétexte que ce gars a une ardoise trop épaisse. Tu me diras, ouais mais bon, faut payer aussi. Pas faux. Cependant où est-ce que t'as vu que c'était le Far West ici ?

Pour finir, dans ce bar, jamais ils t'offrent une tournée, jamais. Tu peux y aller six jours sur sept, tu peux leur amener des tonnes de monde, tu peux leur faire de la pub (genre vas-y, tu vas trouver l'amour, t'as qu'à voir moi)...même pas un petit digeo pour la route, que dalle. Si tu es un peu attentif, tu n'es pas sans savoir qui j'ai un pote qui y travaille dans ce bar...et donc c'est un peu un déchirement. Mais merde, le client est roi et notre amitié y résistera.

Du coup je vais dans un bar un peu plus loin et je suis pas la seule. Force est de constater qu'une migration, que tu peux qualifier de grégaire si ça te fait plaisir, a eu lieu (mais t'en fais pas, le bar de Gégé tourne toujours, pas de risque de faillite). Là-bas, y aussi une terrasse, y a des cacahuètes (bon point), enfin en ce moment c'est plutôt mélange soi-disant japonais (et moi je suis malienne), mais ça se mange, ça va.

En fait, pour te faire un historique digne de ce nom, ce nouveau bar, c'est celui où on a maté pas mal de matches de foot, debout sur les chaises tu vois ? Pas celui où y a un conteur camerounais. Pas le bar-tabac non plus. L'autre. Et là, rien à voir. Tu bois deux bières, on t'offre la troisième. Hier, pour te donner un exemple, je sors de chez l'analyste, j'achète le journal et je me pose devant un sirop de citron. Une heure après je me meus pour rejoindre le charmant, je veux régler, le patron veut pas. Alors bon hein, si c'est pas des bons commerçants ça ?

Bon ça c'était pour contextualiser. Maintenant je te présente deux nouvelles connaissances avec qui on cause livres et cinéma. D'abord y a la grande dame, moultes fois croisée, abordée depuis peu. On se connaît pas bien mais il se passe vraiment quelque chose. Ouais oh ça va, le coup de la figure maternelle, c'est pas la peine, elle a rien de maternel, avec moi en tout cas. À la base elle voulait visiter mon lieu de travail, mais comme sa mère est en train de mourir, bon ben on va attendre un peu.

Ensuite y a Phénix (pote du charmant) en pleine rupture amoureuse. Alors lui il me fait bien marrer. Sa phrase fétiche : je l'aime encore mais cette fois c'est bien fini. Il hésite : est-ce que je remplis son appart de roses ou est-ce que je le détruis ? Une chose est sûre, c'est que, contrairement à ses dires, entre le romantisme et le rock'n'roll prévisible, il n'en a pas encore fini avec cette histoire. Un autre jour il t'affirme que ça y est, point final, la preuve : il arrête de fumer, il va see raser le crâne, changer de prénom et aller à la piscine demain dès l'aube. Au final tu fais la fermeture du bar avec lui, il te taxe des clopes (c'est bien, t'auras tenu deux heures, c'est toujours ça de pris) et tu doutes fortement de ses capacités à faire des longueurs sans couler.

Bon tout ça pour dire que entre l'agonie de la vieille mère, les déchirements de l'amour et les hésitations d'une fille qui a peur de ce qu'elle veut, ou qui veut ce dont elle a peur, ou qui sait pas ce qu'elle veut, ou qui sait qu'elle a peur, ou qui a peur de savoir ce qu'elle veut (oui je parle de moi, comment t'as deviné ?), ben y a moyen de s'amuser.