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lundi 16 octobre 2006

"La connerie c'est la décontraction de l'intelligence"

J'irai pas par quatre chemins, en gros deux-trois ça devrait suffire.

Vendredi, alors que le week-end approche à grands pas d'Aragorn, je reçois un mail assez étonnant (quoique sympathique) car primo je n'ai pas croisé l'envoyeur depuis fort longtemps, secundo nous ne sommes collègues que très très éloignés (ceci expliquant cela, finalement) :

Objet : te sachant fan de...

...Dupontel, as-tu vu "Président" ? Sachant que le film n'est pas de lui et que les critiques sont moyennes, je me demandais si cela valait le coup ? Si tu ne l'as pas vu et que tu souhaites le voir, nous pourrions le voir ensemble ? Il ne passe plus qu'aux Halles et sur les Champs. Voilà, c'est juste une proposition qui me vient en imprimant les horaires. Dans tous les cas, très bon week-end Ada.

Et c'est signé : le killer de hamster.

Moi ça me viendrait pas à l'idée ce genre de chose. Je dois pas assez m'intéresser à mon prochain. Bon. Je lui ai conseillé d'aller voir plutôt Indigènes.

Samedi soir, anniversaire d'une amie (le récit de cette soirée occulte tout ce qui n'est pas montré) (première nouvelle). L'appart est grand mais les pièces petites. Deux groupes se forment.

Quand je me lève pour remplir mon assiette, du côté du charmant charmeur chilien, ça cause acides et conséquences, ceux qui sont restés perchés, les suicidés, les internés, les rescapés. Tandis que nous, on parle du niveau qui baisse (oui, y a des profs dans l'assistance, comment t'as deviné ?), vachement moins rock'n'roll, c'est sûr.

Ensuite une petite nana vient me demander comment j'ai connu notre hôtesse. Ben en fait c'est son mec que j'ai connu en premier (bibliquement puis amicalement), j'explique sans trop rentrer dans les détails et je lui renvoie la question. Et sa réponse...pfff...pourquoi ils font tous rien qu'à m'énerver ? Oh tu sais, on vient un peu tous du même endroit, dit-elle en balayant le salon du regard, je suppose que tu as fait une hypokhâgne ? Euh oui mais...Voilà, moi aussi. Ah ok ok, on joue au bal des anciens de Louis le Grand, j'comprends tout, in petto-je, puis à haute voix : mais tu ne sais peut-être pas, y a des gens ici qui n'ont pas leur bac et il se pourrait même qu'ils fassent des fautes d'orthographe...Elle prend ça pour une plaisanterie, la pauvre.

(T'as vu comment je t'ai glissé que j'avais fait une prépa ? t'as même l'impression que je suis modeste).

Quelqu'un nous fait un exposé sur la répression de l'usage de stupéfiants dans l'armée en Indochine. Pas inintéressant mais là c'est plutôt cours magistral et tu poses les questions après ; ouais c'est bon, il est où le pinard ?

Heureusement des fois ça rigole. Si si je t'assure. Par exemple, une fois où ça a pas mal rigolé, c'est au moment du gâteau : le seul enfant présent, âgé de deux ans, par l'odeur et les couleurs alléché, envoie ses mains directement dans le plat. NON NON NON, s'exclame quelqu'un qui n'est ni son père ni sa mère, TU DOIS ATTENDRE D'ETRE SERVI. L'enfant se cache dans le dos de sa mère avec des regards de haine et de frustration. Éclat de rire général, attends, trop drôle. C'est pas pour faire ma rabat-joie, mais bon, tu vois quoi.

Ça rebondit ausitôt sur l'éducation à l'africaine, comme quoi ça se fait collectivement, tandis qu'en Occident non et tout ça tout ça, jusqu'à ce que quelqu'un dise qu'avant, l'Éducation nationale c'état le ministère de l'Instruction publique (combien de fois déjà ? combien de fois encore ? pitié, j'en peux plus de l'entendre celle-ci), et de là, forcément, on en revient au niveau, qui baisse, tu savais pas ? mais d'où tu sors enfin ? t'as pensé à faire ta vidange ? Bon ben je crois qu'on a fait le tour là. Champagne peut-être, des fois qu'on se détende un peu la réflexion ?

Le clou du spectacle arrive assez tard, lors d'un débat animé par BHL, avec Finkielkraut, Luc Ferry, Glucksmann et...allez, Michel Onfray...Un débat sur les médias donc, des médias qui, comment dire...médiatisent, oui voilà. Encore que le concept de médiatisation ne soit pas entièrement satisfaisant (du latin satis, assez et facio, je fais. Alors, gérondif ou adjectif verbal ? Non mais te casse pas, je dis ça au pif), en l'occurrence, si tu vois ce que je ne veux pas dire...(prends un air inspiré et intelligent). Et y en a un qui lit pas la presse, qui écoute pas la radio, qui regarde pas la télé, qui se tient informé uniquement par le biais de ses collègues (mais ils sont profs, ses collègues, c'est pas n'importe qui). Alors le charmant lui dit que oui, d'accord, mais pour le coup, en voulant avoir le regard le plus objectif possible sur les événements, il passe par tellement d'intermédiaires éloignés de la source...que bon, c'est un peu paradoxal. As-tu compris ce qu'il vient de dire ? rassure-moi, dis-moi oui. Parce que l'anti-médias, lui, il capte pas, il dit : qu'entends-tu exactement par là ? Une fille vient au secours du charmant en disant : en fait il se place dans une dialectique déterministe. Et l'anti-médias : ah d'accord, je vois. Texto. Je te mens pas. Là j'ai eu du mal à dissimuler ma consternation. Le charmant renvoie à la fille : oh là, comme tu exprimes bien ce que je voulais dire, et c'est c'est limite si elle lui répond pas : de rien, je t'en prie.

Il reste pas une binouze quelque part ?

jeudi 6 avril 2006

Le fabuleux destin Dada-Poulain

J'aime Albert Dupontel acteur. J'adore Albert Dupontel réalisateur. Même si Bernie, son premier opus, restera mon film-culte, Enfermés dehors c'est pas mal non plus. Un cartoon social comme il dit. Et j'ajoute : rock'n roll. Ou comment être à la fois au coeur du problème et en total décalage.

Or donc, après cette délicieuse séance, je me dirige vers la sortie de la salle obscure...et sur qui que je tombe, hein ? (attention, c'est une expression, je ne me suis ni vautrée, ni étalée, ni gamellée. Droite dans ses bottes la fille) (sauf que j'en porte pas) (je suis pas une va-nus-pieds non plus eh oh).

Mais d'abord, faut que je vous dise (en fait là, je vous parle en direct d'Hollywood, École du scénario, si si, j'ai un exercice à faire sur le suspense. Je crois que je suis douée...), Paris est une grande ville, on est tous d'accord (ça fait partie de la technique du suspense de sortir des banalités, alors venez pas vous plaindre, je respecte la procédure)...on en était où ?...gna gna gna...grande ville. Pas en superficie, je vous le concède, mais niveau population, qu'elle soit sédentaire ou nomade, ça grouille, ça fourmille, on en croise du monde (à part les prisonniers). Pour rencontrer quelqu'un de sa connaissance, faut avoir rencart.

C'est ce qu'on croit. Je m'en vais vous prouver l'inverse.

Car moi y a une personne que je vois surgir partout : boulevard de Charonne, dans les couloirs de Châtelet ou de Madeleine, et encore une fois hier soir dans le 13ème arrondissement...toujours la même, à croire que ♫ Destinés, nous étions tous les deux destinés ♫...Si c'est le cas, le Père Noël est vraiment une ordure, parce que merde, loin de moi l'idée d'être méprisante, mais on est trop mal assorti, je vous assure chacun de nous mérite mieux. Surtout moi (oh ça va, je plaisante).

Bien, à ce stade, tout le monde se fout de savoir de qui il s'agit. Mais je vous le dis quand même : le killer de hamster. Parfaitement.

lundi 3 avril 2006

They shoot horses, don't they ?

J'ai un collègue...

En fait, j'ai des tonnes de collègues, tous plus spéciaux les uns que les autres, mais disons que celui-ci a décroché le pompon. Trop inquiétant le mec. V'là l'histoire.

Son hamster - âgé de deux ans et demi, donc en fin de vie, car ça tient pas la route ces bestioles - était malade. À savoir qu'il se cognait partout (cécité), puait le chacal (hygiène défaillante) et se jetait du haut de la mezzanine (tendance suicidaire) (oui moi aussi j'ai cru, mais non, la mezzanine de SA cage. Ah il vivait pas dans un HLM, l'animal). Mon collègue en était fort peiné, normal, on souffre de voir souffrir ceux qu'on aime.

Il prit conseil auprès d'un vétérinaire qui l'incita à laisser faire la nature. Soyez fort et laissez-le crever en paix, c'est une question de jours. Oui mais c'est que ça devenait insupportable d'assister, impuissant, à cette agonie nauséabonde. Alors, prenant son courage à deux mains et le casse-noix, il décida d'abréger les souffrances de la bête en lui portant le coup de grâce...sur le crâne. Bing ! Bang ! Boum ! Mais ça suffisait pas. Allez Maïté, essaye encore, cette fois avec le tire-bouchon. Vlam !

Fin de l'histoire ? Non : le hamster, bien qu'en coma dépasse, respirait encore. Qu'à cela ne tienne, enfermons-le hermétiquement dans un sac poubelle et jetons-le dans le vide-ordure afin qu'il s'écrase onze étages plus bas. En voilà une idée qu'elle est bonne !

Conclusion du collègue : ben c'est pas facile de tuer un être vivant.

L'enfer est pavé de bonnes intentions.