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mardi 3 octobre 2006

Ceci est mon corps (de métier)

Tu n'es pas sans savoir que, selon le calendrier du travailleur moyen, les vacances c'est bien fini. Alors nous au taff, avant le pot de la confraternité, on se fait une grand-messe de rentrée, histoire de recadrer les fidèles, de faire des bilans et des projets, tout ça...que des trucs excitants, t'imagines pas.

Ma technique c'est d'être à la bourre (oui eh oh c'est pas la peine de dire comme d'hab, je fais des efforts je te signale), ça commence jamais à l'heure. J'arrive avec un calepin et un stylo. Et mon bouquin, on sait jamais. La séance est à peine déclarée ouverte que quelqu'une se lève et quitte la salle. Une salle, soit dit en passant, où tu pourrais faire une sacrée teuf. Je me dis qu'elle a peut-être pas tort. Dans le doute je feuillette la prose d'Henry Miller. Le grand prêtre (alias monsieur le directeur) se met à encenser (sans encensoir, déconne pas, on est moderne) son adjointe qui arbore une nouvelle coupe de cheveux pour l'occasion. Mon voisin de gauche me prie de simuler une transe-possession pour faire diversion, vers 11h30, heure à laquelle il souhaite aller communier ailleurs.

Au bout de pas trop longtemps, l'intégralité de la rangée derrière moi semble plongée dans une profonde méditation collective, les yeux clos, la respiration lente. Du coup je m'intéresse un peu au maître de cérémonie (mec au micro pour les intimes). Si ça se trouve, il est en train de tous nous hypnotiser, le traître (vous paupières sont lourdes, vous n'écoutez que ma voix, vous m'appartenez. Machin (oui, c'est un homme à hommes), vous passerez sous mon bureau dès que possible ; les autres vous vous consacrerez corps et âme au service public). Mais non, il dit juste qu'il va énumérer les difficultés (eh ben on n'est pas rendu). Il est vachement tôt pour la marmotte que je suis, si en plus ça roupille derrière, ça va être dur de se motiver, j'te jure...

Mais je m'accroche en fixant mon regard sur le cul très apparent d'une collègue adepte des pantalons taille basse : je constate qu'elle ne porte pas de string, peut-être n'a-t-elle rien sous son jean...

Ma voisine de devant soupire fort et regarde ostensiblement sa montre, environ toutes les dix secondes (estimation basse). Je me demande bien pourquoi elle est venue ; étant donné la forte densité de population, son absence serait passée inaperçue, déjà qu'on la voit pas forcément très bien quand elle est seule. Tout de même, elle brille par sa connerie, faut être juste. C'est marrant, j'ai pas d'exemple à te donner, mais c'est ce genre de fille (ou de mec hein) que t'as sûrement déjà rencontré, y a pas de raisons : quand elle ouvre la bouche, tu peux pas t'empêcher de penser mais qu'est-ce qu'elle est conne, c'est pas possible ! À tel point que des fois t'es obligé de lui dire.

En l'occurrence elle a de la concurrence en la personne d'un gars...celui-là faut que je t'en parle vite fait. Au début tout le monde me dit : quoi ? tu lui parles à lui ? tu sais qu'il dit bonjour à personne et qu'il est psychopathe ? Moi tu me connais, je me laisse pas influencer, le gars me salue, il est souriant, à la cantine on discute musique électronique. Il compose, je lui demande s'il a des trucs à me faire écouter, il me propose d'abord des trucs d'artistes reconnus (par timidité je suppose). Il vient souvent me chercher pour des pauses-clopes...Trop souvent, je finis par me dire. Il m'apporte un CD intitulé Eros Sphère...Y a peut-être un message caché hein, qu'est-ce que t'en penses ? Puis je constate qu'effectivement il est pas aimable du tout avec les autres. Un jour il m'invite chez lui pour choisir moi-même ce que je veux écouter, c'est plus pratique...Ben voyons. Bon là j'ai été obligée d'argumenter mon refus par une mise au point nette et non négociable. Depuis il ne me dit plus bonjour et il em regarde avec son rictus de psychopathe. Comme quoi, parfois, la majorité a raison.

Donc, niveau connerie il est en forme, en tout cas aujourd'hui - c'est un con circonstanciel, un peu comme tout le monde (sauf la nana à la montre qui est titulaire) : il pose une question...mais une question...juste histoire de poser une question quoi, je ne vois pas d'autre explication. Ça sidère pas grand monde vu que personne écoute, mais je suis curieuse de la réponse du mec au micro qui, selon toute apparence, a suivi assidument ses formations d'encadrement. La preuve, il commence sa phrase par j'ai dû mal m'exprimer (traduction : t'es vraiment qu'un con qui capte rien) et il reformule.

Ça se réveille un peu derrière. J'entends qu'on chuchote Je vais tenter une sortie-toilettes définitive. Mon portable bippe (ouais ouais ouais, je sais. J'ai oublié, ça t'arrivev jamais peut-être ? En plus personne n'y prête attention, alors ? il est où le problème ?) : Ma nuit démar tard. Jpense fort à toa é o pingouin ! Mangé bien ce midi ! Il fo pleins de vitamines pr se préparer à l'hiver. Jvous bizoute ! Bonne journée ma douce ! Ton ptit cor me mank !

Je déconnecte le téléphone et moi-même. L'écran de mon cerveau s'anime d'images chaudes et lascives, doux péché charnel...jusqu'à ce que monsieur le directeur (de conscience) annonce : Nunc est bibendum. Ah oui, j'ai oublié de te dire, c'était une grand-messe en latin.

vendredi 15 septembre 2006

♫ J'entends les bonzes de Dong Palaan qui récitent des sutras couverts par les décibels des mobylettes Honda ♫

Camarade, sache que je suis encore toute tourneboulée par les récents évenements (je ne parle évidemment pas du jeune homme responsable d'une tuerie à Montréal, ni de la menace d'Al-Qaida concernant la France, ni même du skater massacré avant d'être jeté d'un pont à Toulouse...rien de tout ça, désolée, si tu es intéressé, achète la presse et reste pas dans mes pattes, parce qu'ici ça va parler de moi, comme d'hab).

On en était resté que bon, une espèce de tramontane mistraleuse avait soufflé sur Ada et le charmant. S'ensuivit un SMS que vous avez eu la gentillesse d'interpréter, puis un coup de fil sous le signe de la tristesse. Si tu crois que le vent s'est couché, détrompe-toi (et va voir le dernier Ken Loach tant qu'à faire). T'es prêt ?

Hier soir je me pose en terrasse du nouveau bar avec mon pote (bon je vais pas te le resituer à chaque fois celui-là, tu vois qui), Phénix et la grande dame. Le charmant charmeur chilien vient à passer, avec un troupeau de skaters. Il traverse pour nous saluer, il est hyper tendu. Je sais qu'il y a une soirée-vernissage à Oberkampf, on est censé y aller ensemble, on se dit à plus tard.

Plus tard donc j'appelle le charmant comme convenu. Essaye d'être attentif parce que ça va se jouer en l'espace de rien du tout.

Lui (voix du mec que tu déranges) : oui Ada

Moi : alors ? t'en es où ?

Lui (voix sèche sèche) (voix qui donne soif si tu préfères) (mais voix qui coupe l'appétit) : t'as vu comment tu me parles ? tu m'impressionnes avec ton "alors"

Moi : ...?...ouh là, qu'est-ce qui se passe ?

Lui : bon je suis chez moi là, avec des potes

Moi : Écoute on n'est pas obligé de se voir ce soir mais ça t'empêche pas de me le dire gentiment.

Lui : oui voilà c'est mieux, allez bonne soirée (il me raccroche au nez !)

Je retourne m'attabler avec la compagnie qui s'inquiète de ma mine défaite. Je ne leur cache pas que ça va mal mais si ça les ennuie pas, on n'en parlera pas là tout de suite. La discussion repart sur autre chose, je sais pas quoi, je suis ailleurs. Me reviennent en écho les mises en garde de mon pote barman...je me dis c'est bizarre la vie (ah ben oui, j'ai toujours des réflexions profondes et originales dans les moments graves). Finalement je les quitte, j'ai envie d'être seule.

Le temps passe. Après réflexion je rappelle le charmant, j'ai besoin d'explications : ça sonne deux fois et hop, il me zappe, t'y crois à ça ? Moi je suis bien obligée d'y croire puisque ça m'arrive. Bon t'auras deviné que je ne laisse pas de message, je lis un minimum entre les interlignes (oui c'est mieux qu'entre les lignes quand tu y penses). À ce stade je ne te surprendrai pas si je te dis que je suis paumée. Je retourne dans ma tête le pourquoi du comment, je pressens que ça s'origine quelque part dans la soirée de la veille, mais je ne vois pas ce qu'il peut bien me reprocher. Et même c'est plutôt moi qui ai des choses à lui reprocher non ? Alors merde...Après le choc de l'incompréhension, la tristesse puis la colère.

J'hésite à te raconter la suite. Mais si je commence à te mentir maintenant, ne serait-ce que par omission, on va pas s'en sortir. Alors voilà ce que je fais : je vais me faire consoler par ex-monamour qui s'en trouve fort aise. J'ai honte mais j'assume. Et si tu n'y vois pas d'inconvénients, te fatigue surtout pas à me haïr, je me débrouille très bien toute seule.

0h18 : Ce ki cé passé é passé. Ce ki se passe ne passe pas (oui bon ça va aller les phrases énigmatiques, tu t'es pris pour le père Fouras ou quoi ?). Réponse : mais il se passe quoi ??? Échange téléphonique de vive voix à l'issue duquel on tombeb d'accord sur le fait qu'il faut qu'on parle. Il insiste pour qu'on se voie maintenant. Non mais oh, je suis à poil, au pieu, en plus il pleut des cordes...Cela dit moi aussi j'ai envie de régler ça vite fait.

Arrivée chez lui je lui dis que je comprends rien, ok ? Alors soit y a un truc qui m'échappe, soit y a un truc qui m'échappe, au choix...Je vais pas t'ennuyer avec les détails de la discussion. Pour aller vite il ressort de là qu'il a été très vilain-méchant-pas beau mais qu'il voulait que je reste la veille, malgré ses amis, qu'il m'a trouvé très agressive avec mon "alors", même s'il veut bien reconnaître que ce "alors" ne l'était objectivement pas, qu'il ne comprend pas lui non plus pourquoi ça a pris de telles proportions, etc...et que maintenant si on allait se coucher ? Ouais ouais ouais...

Tu sais quoi ? on dirait que non seulement je culpabilise d'avoir revu ex-monamour mais en plus je suis raide dingue du charmant, parce qu'au final je suis restée chez lui et il l'avait pourtant pas mérité. J'ajoute que tout cela est très perturbant et dès que j'ai cinq minutes pour y réfléchir, je sens que ça va pas me plaire. Les passions autodestructrices, je sais pas pour toi mais moi c'est bon, merci.

Je trouve sous la couette un petit pingouin qui s'illumine quand tu le caresses gentiment. Je savais pas si tu voudrais me revoir, si ça servirait de cadeau d'adieu ou de réconciliation, mais je l'ai quand même pris pour toi. Bonne nuit les petits.

Ce matin, comme quoi tu vois je suis une fille vachement sympa (légèrement maso et conne aussi) je lui envoie un SMS du taff : Le pingouin et moi on pense fort à toi. Réponse : Moa ossi jpensé justement a vou ! Jsui heureu dte retrouvé. Té lanimal le plus mignon du monde ! Le pingouin le sé bien. Jtenvoi pleins dbizous ! Quelques minutes après : Jvien drechargé mon prt pr envoyé dé bizous o pingouin ki soa pa jalou ! jvou aime bocou. Mé toa jtaime plus encore !

♫ Au pays des Laan Xaang et du Parasol Blanc, le Bouddha Sakyamouni est très compatissant ♫

jeudi 14 septembre 2006

♫ Moitié en sarong, moitié en treillis ♫

Hier j'étais avec des amis à Bastille, qui est parfois notre bastion de bastringue. Le charmant charmeur chilien nous rejoint tout speed, il monopolise et coupe la parole, s'intéresse de très loin aux phrases qu'on peut caser par ci par là (sinon nous ça va, merci). Tandis qu'on se dévoue pour aller chercher les consommations au bar, j'en profite pour lui glisser : dis donc, tu serais pas venu en chemins de fer toi des fois ? Si, pourquoi, ça se voit ? Non penses-tu...

Ensuite on prend le métro, on va dîner avec des potes du charmant. Ça parle skate, mon sujet de prédilection, tu t'en doutes, surtout que je suis trop calée en la matière. Pendant que le charmant s'absente, on parle d'écriture, comme j'essaye de tenter de pondre un polar. Le charmant revient : vous parlez de Machin (espèce de star du skate) ? Non non on parle d'Ada. Ah parce que Machin il écrit, j'ai jamais lu ce qu'il fait mais il en est à son deuxième roman là...Et hop il me zappe complètement. Ok. Autant te dire que ça me soule. Plus tard il m'offre deux roses (premier rattrapage).

On migre chez le charmant, les potes sont en scooter, le charmant en skate, moi à pied. Sur la route, le charmeur trace (sans laisser d'adresse) (sauf que je l'ai). Je m'arrête au tabac et je décide que ça va bien, je veux bien être sympa cinq minutes mais faudrait voir à pas abuser, je fais demi-tour vers chez moi. Il me rattrape : tu fais quoi là ? Je rentre, je t'avais perdu. Bon, c'est toi qui le dis...(attention attention il se la joue psy : je te renvoie à tes propres paroles, à toi de faire le travail...Laissez-moi rire). Je n'ai pas encore atteint ma porte que mon téléphone vibre, je décroche, j'entends de la musique : ♫ I'm just a soul whose intentions are good, oh Lord please don't let me be misunderstood ♫...puis : alors tu fais quoi ? tu viens ? (deuxième rattrapage, in extremis). Bon ouais j'arrive.

Je passe devant le bar en bas de chez lui, mon pote est derrière le comptoir. J'entre pour le saluer (chaleureuse embrassade de sa part, étrange) et là miracle, il m'offre un verre. Je disais pas plus tard qu'hier que ça n'arrivait jamais et maintenant je passe pour une mauvaise langue, ah ben bravo. Du coup je lui laisse une des roses. On discute. Il me dit que le charmant c'est un bourreau des coeurs, que c'est pas une bonne idée, que certes il est fort sympathique et tout, mais bon, je cite : "C'est un véritable salaud avec les nanas". Ouais ok, c'est gentil de lui casser du sucre sur le dos, ça fait toujours plaisir, merci pour lui. Je reçois un SMS impatient : Bon tu fé koa ? Eh oh y a moyen de boire un verre tranquille ? Voyant que je n'entre pas dans son jeu (et pourtant, étant donné la soirée merdique, c'est pas l'envie qui me manque), mon pote se calme. Il me fait comprendre à demi-mots que ça va pas fort avec sa copine, c'est bien simple, en ce moment il bosse et il baise (avec qui, l'histoire ne le dit pas). Mais ça l'empêche pas de donner des leçons, t'as vu ?

Je monte chez le charmant. Ça fume. D'autres potes arrivent. Les chemins de fer se mettent en place mais pas de déviation jusqu'à moi. La goutte d'eau. Si ça se trouve j'aurais refusé mais on me laisse même pas le choix. Je me lève. Le charmant s'en étonne, me prend à part. Je lui explique que ces potes sont à l'unisson de cette soirée, ils font pas tourner, c'est très convivial tout ça. Il est désolé, il propose de leur en demander (mais je m'en fous des chemins de fer, c'est pas ça l'histoire) ou même de les prier de partir. Alors là moi je ne prends pas ce genre de responsabilité, je vais me coucher, bonne nuit. J'oublie la dernière rose.

Plus tard dans mon lit je reçois : Bon ce ki arrive arrive. Ce ki se passe passe. Ce ki se ressent reste...J'ai pas répondu parce que j'ai rien compris. Si t'as une idée...(je te donne un indice au cas où : tout à l'heure au téléphone, comme je lui trouve une petite voix, il répond que depuis hier il est triste).

vendredi 8 septembre 2006

♫ Keats and Yeats are on your side, while Wilde is on mine ♫

Je rejoins ex-monamour (tu remarques rien ?) sur une terrasse, pas loin du lieu, délaissé depuis, d'un de nos premiers rendez-vous. Déjà ça fait bizarre. Quelqu'un m'a dit récemment que souvent les histoires finissent comme elles ont commencé. Sur le chemin ça me revient et tu vas rire, moi non.

Très vite on en arrive à l'essentiel, à savoir que moi je pense qu'étant donné les circonstances, vu que ça peut pas continuer, en toute logique, vaut mieux qu'on arrête (j'ai des raisonnements irréfutables parfois). Ok on arrête. Il me propose quand même d'aller dîner. Je refuse. On se quitte triste. Le lendemain il me téléphone pour aller boire un verre. Je refuse, parce que bon, souviens-toi, hier on s'est séparé pour de vrai. Oui mais on peut bien boire un verre, dit-il, ça empêche pas. Si, ça empêche. Sevrage.

Parallèlement le charmant charmeur chilien déploie des trésors de douceurs sucrées pour me convaincre de m'installer chez lui. Figure-toi qu'il ne propose pas ça à tout le monde, loin de là, que même ça va restreindre son indépendance, cette affaire (et la mienne d'indépendance, tout le monde s'en fout ?). En plus il est tout prêt à donner à mes livres la place qui leur est due...Adroit n'est-ce pas, il vise juste, tout de suite il me prend par les sentiments. Et puis ça serait une bonne transition vers un éventuel petit Totoro. Face à mes hésitations, un compromis : on fait le point dans un mois et d'ici là je réfléchis.

Pour ne rien te cacher, je ne suis pas au mieux de ma forme. Paraîtrait que c'est normal. Puis ça va s'arranger, regarde : Ta faim !? jsé knon mé lapéti vien en mangeant ! Jtattend ! Viens ! Jtemmène o vent ! Jtemmène o desu dé gens !

mercredi 30 août 2006

♫ Sympathy for the devil ♫

J'ai eu un week-end décalé. Dimanche et lundi.

Jusqu'ici rien de très original. Pas décalé dans ce sens-là non. Décalé dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, demi-tour, déplacement latéral du côté où tu votes, entrechat, pas de bourrée (ces termes ne sont pas employés au hasard. Si tu n'as pas fait de danse classique c'est une chance, tu comprendras mieux ce que je veux dire)...En gros mon temps de sommeil a excédé mon temps d'éveil. Du coup j'ai pas grand chose à te raconter, tu te doutes bien.

À part mes rêves peut-être. Non pas les rêves, t'es fou ou quoi. Bon ok laissons parler mon inconscient. En ce moment je rêve une nuit sur deux que je fais l'amour avec une femme. Mais jamais la même oh attends, tu m'as pris pour qui ? Voilà voilà...

Cependant si j'ai beaucoup dormi, il s'est quand même passé de belles et bonnes choses...qui voudraient m'effrayer mais je commence à avoir de l'expérience, je vais pas me laisser faire, là j'ouvre un oeil vite fait, histoire que tu t'inquiètes pas et je retourne sous la couette (sur le divan aussi oui).

Alors d'abord, pour te montrer à quel point je suis épuisée, je vais te donner des exemples de choses qui m'ont fait mourir de rire alors que y a pas de quoi (tout le plaisir est pour moi - non mais vraiment fallait pas - mais si mais si j'insiste - mais vous avez fait des folies - oh vous savez c'est rien du tout) (je suis pas hystérique, je suis crevée, c'est pas pareil).

La première, à la vérité, m'a juste fait ricaner. Nous étions chez des amis avec le charmant charmeur chilien. Quelqu'un grattait un jeu et c'était compliqué parce qu'il savait pas bien s'il avait fait apparaître le bon symbole (symbole qui symbolisait un panier ou un évier, les avis divergeaient, ou un chien à la limite, on les reconnaît plus de nos jours). Donc bref il grattait dans tous les sens et le charmant dit un truc du style : et là tu grattes la case Nul si découvert et t'as l'air d'un con. Bon évidemment personne ne rit. Sauf moi.

Ensuite (mais chronologiquement ça s'était passé avant) (mais ça n'a pas grande importance) (c'est juste pour dire) nous étions dans le métro, toujours avec le charmant, on venait de se retrouver avec de grandes effusions de joie, tu sais comme dans le film là, on courait l'un vers l'autre les bras grands ouverts...non je rectifie...il fonçait 1) sur moi et 2) sur son skate, dérapait de façon contrôlée, me prenait dans ses bras, me faisait 1) tournoyer et 2) des bisous dans le cou et mes pieds (alouette gentille alouette) ne touchaient plus terre, tu te rends compte un peu ? Ensuite donc nous étions dans le métro et il chantait et ça faisait ♫ j'suis un imbécile, j'suis vraiment un imbécile, je suis un imbécile heureux ♫ sur l'air de ♫ I'm an alien, I'm a legal alien, I'm an Englishman in New York ♫ Essaye tu verras, ça le fait. Bon j'avoue j'ai ri.

Mais le summum du rire je l'ai atteint un matin, samedi, jour travaillé pour Ada (la pauvre), dans le métro encore, seule cette fois, à part les voyageurs. Autant te dire que j'étais soulée d'aller au taff alors que tout le monde se payait une grasse matinée (d'autant que le vendredi soir au bar, tout le monde s'installe en disant : ah ça fait du bien d'être en week-end...Non mais tu prends ton cas personnel pour une généralité, c'est ça ? Mais quel regard étroit sur le monde, c'est pitoyable. Figure-toi qu'il y a des gens qui bossent le samedi. Je dis ça, c'est pour t'élargir l'esprit hein, j'ai pas du tout la haine). Et là, à 8h44, dans ce métro parisien qui fleure la déprime (limite on dansait sur les strapontins, la pêche les enfants, je vous dis que ça), je reçois un SMS : Jme sui pas recouché. Je li é mé pensées von ver toi ! Courage ptite marmotte ! Sache kil y en a dotre ki bossent ds dé fabrik de chocolat ! À cet instant très précis (♫ où tu m'as dit je vais partir et puis, tu es partie, j'ai cherché le repos ♫) j'ai éclaté de rire. Et je me suis un peu tapé l'affiche dans le métro mais c'est pas grave parce qu'après je continuais de rire dans la rue, comme ça tout le monde a pu en profiter.

Sinon, y a pas que la rigolade dans la vie. Venons-en aux choses sérieuses de l'âge adulte. (Ex)-monamour veut me parler d'un projet qu'il a conçu pour nous. Déjà je flippe. Puis ce projet prend le qualificatif d'immobilier...Euh qu'entends-tu par là ? Ben immobilier, qu'on achète. Ah immobilier je vois, un truc genre constructif quoi ? mais là je suis en speed, on en reparle hein...

D'autant que le charmant charmeur chilien se met l'air de rien à me parler de prénoms : qu'est-ce que t'aimes bien comme prénom de fille, toi ? ou de garçon ? Pardon ?

Quand je te dis que c'est effrayant. Mais attendrissant, c'est bien là le problème, Ada s'attendrit, la vieille carne, elle se laisserait presque tenter (avantage au charmant dans l'histoire) et ça décuple sa peur. Tu ne t'étonneras donc pas si, quand les protagonistes de ma double vie se mettent à suivre le même chemin de façon synchronisée, je dors 14 heures par jour, siestes non incluses. Non c'est pas de la fuite, c'est de la fatigue, t'es sourd ou quoi ?

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

mercredi 16 août 2006

À fond la forme

Eh oui ! me revoici, fraîche et pimpante ! En exclusivité pour toi, public bien-aimé, les réponses aux questions qui, je n'en doute pas, t'ont quotidiennement turlupiné (oui bon oh, tout de suite comme vous y allez, c'est la reprise, faut pas voir des jeux de mots là où y en a pas). Les réponses donc (vous êtes contents hein, vous allez retrouver le sommeil).

Avec qui Ada va-t-elle passer ce dernier week-end parisien ? La soirée du vendredi soir avec (ex)-monamour chez une amie, mais ça je vous l'avais déjà dit. Très sympathique cette soirée, même si les gens avaient tendance à me prendre à part (pas d'allusions déplacées je vous prie) pour demander : alors, t'en es où toi ? enfin je veux dire, vous en êtes où ? Non mais tu crois vraiment que c'est le lieu là ? et puis je t'en pose des questions ? (oui , ça en fait déjà deux, mais purement réthoriques, tu noteras). La nuit (platonique) avec (ex)-monamour toujours.,5h59, SMS du charmant charmeur chilien : Jtenvoa une pensée matinale jrentre a peine. Jété pa dedans. Jtenvoa pleins dbizoux o pays dé songes ! É jmexcuz si jte réveille. 5 heures après, je lui dis que ce SMS ne m'a pas réveillée (et c'est vrai en plus). Réponse du tac au tac alors que je pensais qu'il serait dans un profond sommeil à son tour : Cé domagé on aurai pu dormir ensemble ! (ben non, pas vraiment) Passe kan tu ve ! (ok, je vais voir ce que je peux faire). Milieu d'après-midi du samedi. J'arrive chez le charmant qui comate sur une revue dans son lit. Bon ben qu'est-ce que tu veux, une petite sieste ça se refuse pas. Soirée du samedi. Avec le charmant, dans un bar trop génial, pas celui d'en bas mais pas loin et presque mieux. Carrément mieux même. Non mais t'imagines ? Comme c'était le dernier jour avant fermeture pour congés annuels, ça s'est fini vers 6h du mat avec open bar. J'ai rencontré des tonnes de gens : une bande qui faisait le tour de Paris à vélo, avec des haltes désaltérantes, une fille au visage de psychopathe mais en fait non, deux journalistes, des musiciens, etc...et un jeune homme, sosie d'un acteur dont j'ai oublié le nom, ce qui ne va pas t'aider à visualiser, mais plutôt pas mal dans son genre (l'acteur c'est le gars qui joue dans Match Point de Woody Allen). On se calme : on a discuté, c'est tout. Et on s'est dit qu'on se recroiserait puisque lui aussi il habite dans le quartier. Dimanche. Dodo la journée. Le soir, toujours en compagnie du charmant, apéro et dîner avec des amis.

Qui a dit : "Si je préfère les chats au chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de chat policier" ? Jean Cocteau. Qui n'a pas dit que des conneries, comme on voit.

Qui partira en vacances avec Ada ? Avec quelques jours de décalage, (ex)-monamour. Eh oui, ça vous en bouche un coin hein ? (moi aussi pour être honnête) (et toujours pas de vulgarité, merci). Le plus époustouflant c'est que le dépaysement, ou autre chose, ej ne sais guère, a réveillé ma libido à son égard. Reprise d'une vie sexuelle avec (ex)-monamour donc. Reste à savoir si ça va perdurer à Paris.

Qui est à l'appareil ? Ça dépend des recettes et des goûts mais en général y a des oeufs et de la crème fraîche.

Ada va-t-elle bronzer ? Franchement celle-là elle était trop facile. Noire Ada ok ? (mais avec les yeux bridés)

Le gosse beau fera-t-il une apparition ? Affirmatif. Et je vous prie de croire que j'avais de la concurrence en la personne de deux jeunes filles qui, selon toute apparence, lui auraient mieux convenu, générationnellement parlant. Je n'ai pas chercher à lutter (faut pas déconner, j'ai un peu autre chose à faire hein) mais il se trouve que j'ai remporté le gros lot. De là à dire que j'avais le privilège de l'ancienneté...ça se peut ouais. D'autant que je pensais qu'on avait atteint des sommets la dernière fois. Mais non, encore plus fort (incroyable). Sans doute qu'on se connaît mieux et que donc...Sinon, à part le sexe, circulez y a rien à voir.

Qui a dit : "Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer" ? Vous croyez pas que je vais tout vous dire non plus ?

Ada sera-t-elle fidèle ? Si oui, à qui ? Sinon des noms ! Non mais vous m'avez bien regardée ? La réponse est non, et vie d'amant comme dirait Lacan (tandis que France Gall, elle, elle ferait mieux de la fermer). Quant aux noms, vous les avez comme dirait Coluche.

Ada reviendra-t-elle apaisée et l'esprit clair ? Aura-t-elle fait des choix déterminants ? C'te bonne blague ! Quelqu'un a-t-il vraiment cru que c'était une question sérieuse ?

Quel est le délai de prescription des ventes judiciaires ? Je vous le demande.

C'est quoi donc qu'il va se passer ? Ben là, pour être honnête, je m'installe dans une double vie et c'est pas confortable, je vous conseille pas d'essayer. On pourrait croire qu'avoir tout en double c'est mieux. Mais non.

Synthèse 100 % synthétique (laver à basse température) : ma vie c'est n'importe quoi. C'est trop la loose de reprendre le taff. Fais pas beau. La pêche quoi.

mercredi 26 juillet 2006

♫ Respire et si ça t'suffit pas re-respire, ou bien le pire est à venir bébé ♫

Disons que parfois la vie est mal faite.

Dimanche soir, épuisée par mon week-end qui, en dehors du fait qu'il ait été fourni en festivités comme à l'accoutumée, a, en plus, été travaillé...je tombe dans un profond sommeil chez (ex)-mobamour. L'alternance continue oui (et toujours aussi platonique. De mon fait. D'ailleurs le lendemain il me dit : dis donc, ça serait bien qu'on fasse l'amour un jour...Mmmouais). Il n'est donc que 23h30 (♫ on est quel jour ? Dimanche. Le septième. Faut qu'j'change le système. Et Dieu créa la flemme ♫) quand la sonnerie de mon téléphone portable commence à s'intégrer à mon rêve, jusqu'à ce qu'(ex)-monamour me secoue. Je décroche, autant vous dire pas fraîche.

Hello Ada, it's le rappeur canadien, how are you ? (T'inquiète, t'es pas obligé de connaître l'anglais. Et même si y a de fortes chances que tu maîtrises, je traduis, on sait jamais : Salut Ada, c'est le rappeur canadien, comment vas-tu ?) (non c'est pas du foutage de gueule, y a le droit de pas savoir, ce sera toujours mieux que l'émission télé)

Oooooh, I was sleeping (putain je dormais)

I'm so sorry...ooh (vraiment désolé, ooh)

No problem. How are you ? (Pas de problème (je commence à prendre conscience que c'est le rappeur canadien, bordel, trop cool). Comment vas-tu ?)

I'm fine, thank you. May I see you tomorrow to visit mon lieu-de-travail ? (Je vais bien, merci. Est-ce qu'on peut se voir demain pour visiter mon lieu-de-travail ?)

I don't work tomorrow, I work on Wednesday (Je travaille pas demain, je travaille mercredi)

Ooooh...I leave on Wednesday (Ooooh...je me casse mercredi...)

Ooh (quoi ? on avait envie d'arrondir nos bouches, et alors ? ça permet de bailler discrètement)...but we can go even if I don't work (Ooh...mais on peut y aller même si je bosse pas)

Ok ! Tuesday, is it good for you ? (D'accord ! Mardi ça te va ?)

Yes it is ! (Oui ça marche !)

Je me dis qu'on a réussi à être synchro malgré sa virée aux quatre coins de l'Europe et que voilà une chose qu'elle est bonne. Car j'avais bien apprécié sa compagnie lors d'une teuf pas trop lointaine.

Je sors du métro mardi, il m'attend. J'avais oublié que ses yeux étaient aussi bleus. J'avais oublié que ses tatouages étaient sensuellement performants. On visite. Même les coulisses, ce qui l'enchante. Plus tard on va boire un verre. Thank you so much Ada, dit-il en mettant la main sur son coeur. Puis il essaye de parler français : je me sens maguenific (oui oui, je confirme, tu es magnifique, hum).

SMS du charmant charmeur chilien : Alellouhaaa ! (comme j'te l'dis) (sinon on dit sic) jviens drentrer ! (kom tu lvoa jte bip de suite) ton petit mot me touche beaucoup (je vous expliquerai peut-être un jour l'histoire du petit mot). Jé un redv a 19h. En attendant ça me plairé mucho de siester avec toa ! Alors bon, moi aussi j'ai bien envie de faire la sieste, mais sur un beat un peu cadencé tu vois (enfin un jeu de mot pourri digne de ce nom). Seulement une amie à moi nous rejoint. C'était prévu hein. Et puis quand même, si j'arrêtais les conneries à un moment ?

SMS encore : Apré jiré o XXX stv venir ce soir ? C open bar ! La voix de la raison parle à travers ma bouche. Je réponds oui au charmant et je propose au rappeur de se joindre à nous. Il accepte. Retour dans nos appartements respectifs, histoire de prendre des douches, de faire la sieste (mais chacun pour soi) (♫ poursuit sa nébuleuse ♫), tout ça tout ça.

À 20h le charmant me textote qu'il part en speed à l'apéro car la rumeur dit que ça se termine à 21h. J'appelle le rappeur canadien. On décide de se retrouver au bar en bas plutôt que de courir dans le métro (ben oui, on n'a pas de skate nous). Beaucoup plus tard (après environ deux mille sourires de mon côté et two thousand smiles du sien, la façon très excitante qu'il a de prononcer mon prénom avec son accent, des échanges intellectuellement riches (faut savoir qu'il ne lit que de la philo))...le charmant charmeur chilien nous rejoint et nous invite chez lui, avec d'autres.

La soirée se termine paisiblement : quelques herbes aromatiques, un petit mix spécial dédicace au rappeur. Celui-ci prend mon adresse électronique. On se serre fort. Sans aller jusqu'à la tristesse, on est peut-être un peu frustré...De quoi ? D'une occasion manquée ? J'ai pas trop envie d'analyser là tout de suite. Pourquoi j'ai eu envie de lui (parce que c'est une histoire impossible, donc simple à gérer ?). Pourquoi je l'ai pas fait (parce que je tiens au charmant ?). De toutes façons, comme dit le rappeur : we keep in touch ! (euh sciouz mi, j'ai pas bien compris, quand est-ce qu'on se touche tu dis ?)

dimanche 23 juillet 2006

Feydeau do, veau de ville mon p'tit frère

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous raconte quelques trucs vite fait. Hier apéro avec (ex)-monamour, dîner entre amis, nuit chez le charmant charmeur chilien. Résultat des courses : j'ai des courbatures d'amour (en passant, y a eu accident de préservatif. Le charmant dit : "J'veux bien qu'on fasse des petits Totoro mais faut qu'on soit sûr d'être ensemble." Sa phrase ne contenant pas de point d'interrogation, je me suis abstenue de répondre) et une migraine (celle que t'as quand t'as fait trop de mélanges).

En allant au taff ce matin j'ai croisé pas moins de trois gars dont le point commun est un technique de drague ultra-sophistiquée qui consiste à dire..."bonjour". Variante : "bonjour miss". Sous-variante : "bonjour princesse" (salut crapaud). Bon. Je comprends pas comment ils espèrent arriver à quelque chose, mais surtout, après une nuit trop courte, j'avais le regard légèrement fixe, j'étais bouffie par le sky, pas souriante, pas aimable, pas open...Potentiel séduction faible (le mot l'est. Sinon le bras. Ou les hanches) (♫ ne fais pas ces yeux furibonds ♫). Alors pourquoi ? C'est la canicule ?

Bon venons-en à l'essentiel. Veux-tu voir Ada confrontée à ses propres contradictions ? Ada ou l'art du paradoxe ? Ada en situation délicate ? Oui ? Alors je te montre.

Vendredi, soirée chez moi avec (ex)-monamour. On dîne, on discute beaucoup. On discute énormément. On discute tellement qu'on fait pas l'amour. Je sais pas si c'est lié...toujours est-il qu'on a débattu de psychanalyse et qu'il n'y a pas eu d'ébats. Eh bah c'est pas grave, c'était tendre. Vers 1h du mat, extinction des feux.

1h30, SMS du charmant charmeur chilien : Xcuz moi jé perdu mes clefs !

Je suis dans mon premier sommeil, je me dis que cette blague n'est pas hilarante, je réponds : Non ?!? (notons l'incrédulité agacée que souligne l'habile ponctuation)

Jé perdu ma clef en skatant ! Jpe prendre cel ke ta ? Jsuis désolé !

Tout espoir m'abandonne, la divine comédie va commencer dans sa version infernale, il faut s'y résoudre, ce n'est pas une blague (mais pourquoi m'a-t-il filé une clef de chez lui ?) : Ok je sors (notons la résignation désolée que souligne l'absence totale de ponctuation)

Jariv (non malheureux, surtout pas, ciel mon mari !)

Hum...je me fringue en speed, j'explique à (ex)-monamour que je dois donner une clé au charmant (oui, rien ne vaut la vérité dans ces cas-là. Je vais acheter des clopes ou je sors les poubelles, à cette heure, je sais pas pourquoi, il m'a semblé que ça le faisait pas).

Le charmant est devant la porte de mon immeuble. Un petit air contrit, mais content de me voir, il veut me serrer dans ses bras...C'est bizarre, au lieu de squatter devant chez moi, j'ai plutôt envie de marcher, marrant non ? Allez viens, on va prendre le frais. Mais non, t'es fatiguée toi, on va s'asseoir. Mais non je te dis, on marche.

Échange rapide pendant lequel il a le temps de me dire : "je me suis fait draguer ce soir mais j'ai dit que j'étais avec quelqu'un que j'aime beaucoup. Je tenais à te le dire." Réaction mentale n°1 : tu parles, t'avais pas envie d'elle. Réaction mentale n°2 : dans tous les cas il me fait passer un message, au moins symboliquement. Réaction mentale n°3 : mais qu'est-ce qu'ils ont tous à être fidèle, c'est le monde à l'envers ! Réaction mentale n°4 : et dire que pendant cette déclaration, (ex)-monamour est dans mon lit, je suis ignoble...Réaction visible : tendre sourire. Bon c'est pas tout ça mais la p'tite marmotte, elle taffe demain, elle va aller se recoucher.

Quelles leçons en tirer (avant de les boire) ? Déjà, contre toute attente, (ex)-monamour l'a très bien vécu. Sérieux. En même temps il n'a pas les détails. Et forcément, comme on ne voit que ce qu'on veut bien voir, il a pris cette restitution de clé comme quelque chose de positif. Il ignore par exemple que dès le lendemain, ayant retrouvé le trousseau dans la voiture de son pote, le charmant m'a à nouveau remis sa clé (encore un geste symbolique). Je ne poserai pas la question : qui est le mari ? qui est l'amant ? Non, je ne la poserai pas. Bon alors les leçons, plus sérieusement. Éteindre son téléphone la nuit (il aurait pas dormi sous un pont hein, il a des amis pour l'héberger). Monter une troupe et sillonner le monde. On pourrait se faire un paquet de tunes...le théâtre de boulevard ça cartonne.

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

vendredi 30 juin 2006

♫ And my heart was beating fast ♫

Comme quoi des fois on se pose des questions, c'est pas trop la peine.


Je retrouve le charmant charmeur chilien hier soir sur une terrasse. Pour changer. Oui bon ainsi va ma vie, c'est comme ça, unité de lieu, unité d'action, pas unité de temps mais rien ne dit que ça va pas virer au tragique. Et puis avec ce soleil, vous me connaissez...Donc terrasse.


Il me scrute bien dans les yeux en disant : regarde-moi, toi. Je m'exécute en lui demandant tout de même ce qui se passe. Il veut voir si mon regard a changé. Changé comment ? Il dit rien, on se mate, comme avant quand on se faisait de l'oeil à distance, sauf que depuis on s'est vu tout nus. Ben oui quoi, ça fait une légère différence, ça a tendance à réchauffer le regard, qui était pourtant pas tiède à la base. Je suis légèrement intriguée mais bon.


Mon pote, celui avec qui je traîne souvent au bar en bas de chez moi, celui-là même dont au sujet duquel je croyais qu'il faisait obstacle à une renconter décisive avec le charmant, tu te souviens, mon pote quoi...eh ben il nous rejoint. Voilà. Donc on arrête de se mater, parce qu'on est un minimum sociable (la preuve, on est capable de parler des minima sociaux).


À un moment, ou à un autre, mon pote se lève pour commander ou pour aller se repoudrer ou quoi ou qu'est-ce. Le charmant charmeur chilien en profite pour me glisser à l'oreille (outre sa langue) que je fais pas très attention à lui depuis que mon pote est là. Alors là je suis doublement intriguée...Mais bon pas le temps d'y réfléchir, les événement s'enchaînent, salto avant, double piqué, corrida...on discute quoi. Finalement mon pote trace.


Et c'est maintenant, mesdames-z-et-messieurs, que nous allons avoir le fin mot de l'histoire. Tenez-vous bien. Le soir où j'étais invitée à un anniversaire, récemment, il avait été question qu'on se retrouve après, le charmant et moi, mais au vu de l'heure matinale, je lui avais envoyé un SMS qui disait texto (ah aha...toujours rester simple), car il est capital pour la compréhension de chacun que ce SMS soit cité in extenso : Ouhhh il est trop tard ! Jvais pas tarder à aller mem pieuter. Jte biz.


Figure-toi, ami lecteur, que le charmant charmeur chilien a été comme qui dirait chiffonné par ce message, chiffonné un peu comme le jambon tu sais, le jambon au torchon. À première vue, rien de chiffonnant là-dedans pourtant, me semble-t-il. Sauras-tu séparer les torchons des serviettes ? Allez on réflechit un peu...Moi au départ je me suis dit, tiens, il était pas content parce que je suis pas allée le rejoindre. Que nenni. Mais qu'est-ce que ça peut bien être alors ? Il aime pas le mot pieuter. Non ? Trop de h (et pas assez de vin) dans ouhhh ? Toujours pas. Dans ce cas je donne ma langue au chat (et vice-versa).


Jte biz. C'est ça qui cloche. Pas assez chaleureux, trop impersonnel, c'est la première fois que je le biz aussi froidement alors que d'habitude je le bizoute tendrement et tout partout, et puis je lui ai même pas dit qu'il me manquait. D'où son observation attentive pour voir si quelque chose avait changé en moi. Et dans sa foulée paranoïde, hop, je m'occuperais trop de mon pote et pas assez de lui. Mais à part ça il est pas jaloux hein, vraiment pas.

jeudi 29 juin 2006

♫ Bac plus zinc et licence IV ♫

Y avait une terrasse, ouf...

Bon si vous comprenez pas, désolée mais j'ai la flemme de récapituler, vous avez qu'à être de fidèles lecteurs, tant pis (mais non, c'est pas vrai, même si tu es infidèle je t'aime bien, au contraire, ça nous rapproche).

J'y suis allée à reculons parce que moi les torticolis ça me fait pas peur et au final c'était une bonne teuf. Avec plein de monde que j'avais pas vu depuis longtemps. La question de mon cavalier s'est résolue d'elle-même (quand je vous dis que ça sert à rien de décider) puisqu'(ex)-monamour était indirectement invité. On a même mangé. J'ai rencontre un couple de gays très exotique, respectivement originaires d'un pays nordique et d'une petite île que t'aurais bien du mal à situer sur ta mappemonde. Évidemment on a fait la fermeture du bar avec une petite figue pour la route. Dodo platonique chez (ex)-monamour. Arrivée au taff tardive (début d'après-midi, ça devient n'importe quoi), mais rien que de très prévisible. Alors, de quoi tu te plains ?

Ben en fait le truc, c'est qu'en bonne chieuse que je suis, j'aurais préféré la présence du charmant charmeur chilien, surtout quand je reçois ça : ça mbrancheré dte rejoindre !? je mennuie mé jvé trouvé dkoa mokupé ! Bonne teuf ! Boi pa tro. Alors je réponds que oui mais non, les circonstances font qu'on va peut-être éviter, mais c'est trop horrible...Tinkiète pas, passe une bonne soirée ! Amuse toa bien !

Aujourd'hui je lui propose qu'on se voie ce soir. Il répond : Mouais. Si té pa tro crevé !? Bip moa. Ça me laisse un peu perplexe. Je ne sais guère comment interpréter ce oui du bout des lèvres. Est-ce à dire qu'il n'a pas envie de me voir ? m'en veut-il de l'avoir délaissé hier ? suppute-t-il des choses avec (ex)-monamour qui ne lui plairaient que moyennement (mais il arrête pas de me dire qu'il n'est pas jaloux. Alors...) ? se la joue-t-il pas dispo histoire de pas avoir l'air de me courir après ?

Que de questions sans réponse...Bon sinon on m'a dit hier que c'est sympa ce petit côté boute-en-train, mais qu'est-ce que ça cache, au final, dans les profondeurs de mon intérieur de fille un peu écorchée vive, tu vois, comme les trucs d'anatomie mais pas pareil ? (oui j'ai des discussions à haute teneur psychanalytique)

mercredi 28 juin 2006

♫ Désormais je me dore...à la poussière de météore ♫

Bon ça va comme ça, on sait ce qui s'est passé, la France exulte, tout ça pour ça. Pour c'que j'en ai à faire...D'autant que c'est pas non plus un exploit hein. Je veux dire, si encore c'était la finale, j'veux bien, mais là, oh, c'est pas la fête du slip que je sache. (Oui je soutenais l'Espagne, et alors ? C'est mon droit non ? Pas la peine de me traiter de mauvaise joueuse. En plus c'était par pur sacrifice, fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui se dévoue dans cet appart, sinon l'ambiance est moins drôle). Et surtout, allez-y, distrayez-vous à base de victoires par procuration, divertissez-vous, ça profitera toujours à quelques-uns ce genre de crime, mais faudra pas venir se plaindre après. Tant que tu regardes les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde (et paf ! non mais t'as vu, ça c'était bien envoyé).

Sinon on s'est bien amusé. Y avait des frites et de la bière, déjà ça commence bien. Oui parce que le sport sans la bière, très peu pour moi, j'aime faire les choses selon les règles. Et puis bon j'étais pas scotchée à l'écran non plus, y avait un balcon avec vue panoramique sur Paris, ici Montmartre, là la tour Eiffel, trop la classe...en bonus les bizoutages du charmant charmeur chilien.

Ce soir je suis invitée à un anniversaire. Alors déjà ça tombe pas hyper bien. Depuis le début de la semaine j'arrive au taff en fin de matinée...mais fin fin hein, juste avant midi quoi, comme personne ne peut me reprocher de pas être au taff le matin...C'est pas beau, c'est vilain, mais je peux pas faire mieux, je suis à fond là. Donc cet anniversaire, a priori, ne va pas améliorer mes performances de ponctualité. Ben non hein, ce serait étonnant. Et puis je sais pas avec qui j'ai envie d'y aller. C'est un léger problème quand on y réfléchit. Pour finir, ça se passe dans un bar. Alors, oui c'est vrai, je les fréquente les bars, inutile de le nier, mais je trouve, si je peux me permettre une opinion personnelle et tout à fait originale, que toute une soirée dans un bar où on n'est même pas sûr qu'ils fassent à manger, qui risque d'être blindé...ouais bof. S'il y a une terrasse on est sauvé. Sinon...

Bon ben sinon, puisque vous demandez des nouvelles, c'est un peu un mix de Ada en folie et de Ada en loose, un petit cocktail bien ordinaire finalement. Illustration datée du lundi 26 juin :

Coucou ! Jéspère kté pa tro crevé. Ne fume pas tro stp ! (ceci est 1 message de la protection des marmottes), ça te fera de économies é tu ora la peau douce ! Biz Avec le temps ♫ avec le temps va, tout s'en va ♫ Désolée c'est du réflexe pavlovien (non c'est pas un nouveau genre musical, abruti). Avec le temps il finira par ne plus me poser la question. Crevée la fille, oui, toujours pas reposée, non. Heureusement que je suis bronzée, c'est un bon camouflage. Quant aux clopes, au moment de ce SMS, j'étais en rade, ce qui ne veut pas dire que je ne m'en procurais pas par des moyens détournés (merci les collègues), attends tu crois quand même pas qu'il m'est possible actuellement de pas cloper comme un pompier ?)

Ooh...cé bientot fini ! (le taff. Eh non cher ami, vu mes horaires d'arrivée...je travaille quasiment en nocturne) Jsui content kté plus dclopes ! Jvé vers XXX dis moa si tu ve kje vienne te chercher a la sortie ? (euh non, j'ai autre chose à faire. Entre autres, une psychanalyse)

Jtenvoie pleins dbizous pr te donner du courage ! Jvé sk8ter san mon prt. Jtorè bien croizé ce soir. Mé si dotres trucs a fèr pa dpro é cé bien dfèr dé pauz. Voilà, je ne te le fais pas dire, c'est bien de faire des pauses, parce que là, c'est pas pour dire mais on se quitte plus, et moi ça parasite un peu ma réflexion, vu que ce mec est irrésistible, sans exagérer, c'est pas moi qui le dit, le sujet est fédérateur. Donc c'est la totale éclate, sans grande perspective d'avenir.

Je me répète mais c'est vrai, à force de regarder les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde...Et là j'ai un peu la trouille d'être trop dans la lune.

jeudi 22 juin 2006

♫ Le monde moderne m'emmerde, j'ai pas l'esprit d'initiative ♫

Y a des jours où t'es soulé. D'autres, t'as la gueule de bois. Jusqu'ici tout va bien. Mais les jours où tu cumules les deux, ça devient tendu, limite t'aurais la haine (cinéphile, c'est donc ton frère).

Je vous fais un récapitulatif des derniers événements.

Mardi. Séance d'analyse. Une comme ça, j'en avais jamais vécu et s'il était possible que ça se renouvelle pas, je dirais pas non. L'analyste a beaucoup parlé. Non mais, quand je dis beaucoup, c'est sérieux, il a fait des phrases quoi, le truc incroyable. Il serait ardu de vous en rendre compte dans le détail, disons juste que je me suis pris une bonne volée de bois vert dans la face, histoire que j'arrête de me la voiler. C'est pour mon bien hein, l'analyste ne joue pas avec le feu, surtout que le bois vert, pour faire du feu, paraît que c'est pas terrible...

Mon programme initial, en sortant de là, c'était d'aller à la laverie. Un petit rituel que j'aime tant (ou une nécessité si tu veux te fringuer le lendemain, ça dépend). Puis recentrage et repos dans ma solitude. Seulement, après cette séance, je reçois un SMS pour un éventuel apéro. Autre rituel, moins nécessaire mais tellement plus enthousiasmant. Laverie ou apéro, tu choisis quoi toi ?

Je vous passe les échanges de SMS au cours de cet apéro. Au final j'ai dormi, à nouveau, chez le charmant charmeur chilien.

Mercredi la journée a été douce, malgré le temps...on a mangé des frites sur le port et on a failli faire l'amour dans un petit parc en bordure de Seine, mais non quand même. Le soir mes potes nous ont retrouvés. Comme prévu le charmant charmeur chilien est parti rejoindre ses camarades pour fêter la journée du skate. Comme prévu j'ai rejoint (ex)-monamour tard dans la soirée.

Alors j'vous l'dit tout de suite, c'était peut-être la teuf de la zique mais c'était pas la journée de la femme. (Ex)-monamour m'annonce après sept ans de réflexion (au moins) que c'est avec moi qu'il veut faire sa vie, avec maison, enfants, jardin, chien méchant et barbecue le dimanche. Je lui dis que pour ma part, ben, faut voir, je sais pas trop (j'aime pas les chiens). Il peut quand même pas me reprocher d'être méfiante, à ce stade. Moi aussi j'ai besoin de réfléchir.

Plus tard il a profité d'un moment d'absence pour fouiller dans mon téléphone portable : il a lu tous les messages du charmant charmeur chilien. Mis à part le fait que ça se fait pas (maintenant c'est fait), force est de constater que je suis prise en flag. Oui mais en flag de quoi ? Les parenthèses sur l'ex sont toujours là, me semble-t-il ? Cela dit il le prend bien. Euh en vrai moyennement bien. On pourrait croire que du coup la question est réglée. Mais non, ça ne l'empêche pas de persister et signer dans ses projets nous concernant.

Alors c'est sympa le ou bien...ou bien...(esthétique ou éthique, Soren K. c'est trop un balèze, il a vraiment tout compris) mais ça va cinq minutes, à un moment faut choisir. Genre maintenant ou bien tout de suite. Parce que si le charmant charmeur chilien ne voit pas d'inconvénients à ce genre de situation, du moins je le suppose, je suppose également (nous aurons une grave discussion bientôt) qu'il n'en va pas de même pour (ex)-monamour.

Pour m'aider à faire mon choix : Alohaaa ! Jviens démerger avec la tete en vrack. (m'étonne pas, espèce de fêtard) Après le sk8 jme suis retrouvé a coté dbastille car le truc des halles était annulé. ça a duré jusko matin. Kom un idiot jé pa pri mon prt ! Jvoulè te rejoindre ! (oui mais bon c'est-à-dire que...) Et toa komen ça cé passé ?! (comme çi comme ça hein à vrai dire) Moa jé trop bu !!! (ben moi je suis soulée et j'ai la gueule de bois, tu lis pas mon blog toi ou quoi ? Ah ben non forcément, je suis très conne mais quand même) Jte bizoute ts plein !

T ou ? tu taf ? (oui monsieur, je travaille, moi, môssieur)

Oooh ! Jsui impressioné ! (moi aussi, je bats des records de nuits blanches) Tu té pa couché tro tard ? (si, trop) Jespère ktu menve pa pr hier soir ?! (ben non, t'en vouloir de quoi ? D'autant que j'étais pas vraiment dispo hein) Cé bizarre cé kom si on cété kité depuis longtemps ! Tu me manke déja (maintenant que tu le dis, j'peux le dire aussi)

Bon courage ptite marmotte ! (merci) Jtembrasse, jte mord, jte crok ! Jte fé pleins dpetis bizoux encore é encore ! (toujours aussi oral le charmant)

Je crois que je vais pas attendre les présidentielles pour m'exiler, moi. Où c'est-y qu'ils tolèrent la polyandrie déjà ? Allez, dansons la java !

vendredi 16 juin 2006

Des chiffres et des lettres

Quoi encore ? J'ai rien à dire là. Rien à déclarer. Circulez, y a rien à voir. Si l'homme était moins curieux, y aurait pas autant d'embouteillages sur les autoroutes accidentées et les couloirs du web deviendraient des boulevards pour le surf.

Non mais c'est bon, j'ai l'air d'être de mauvaise humeur mais c'est juste histoire de dire hein...Bientôt le week-end, on va quand même pas se laisser emmerder non mais. Y a juste que je dois pondre des statistiques, je cite, "en express svp". Y a une chanson qui dit ♫ Aucun express ne m'emmènera vers la félicité ♫, alors on se calme, y a pas le feu au lac.

Évidemment j'étais en congé-maladie (oui bon, j'y peux rien moi s'il faisait beau, ça a fait plaisir à tout le monde que je sache). Donc j'ai pas fait mes stats du mois de mai. Et encore, je suis pas la plus cancre. Y en a, ils ont pas rendu leurs stats depuis mars. Ouh les vilains pas beaux ! Sachant que ces chiffres qu'on nous demandent de fournir finissent dans des tableaux (d'accord, de superbes tableaux excel, que si tu fermes les volets (ou si tu les ouvres, j'sais plus), bon ok la lumière fait briller la poussière de ton parquet, mais surtout t'as les lignes qui défilent mais pas la première, celle-là elle reste bien en place pour t'indiquer de quoi elle te parle, tu vois quoi), des tableaux qui eux-mêmes finissent par disparaître, enfin moi en tout cas je les revois jamais, peut-être sont-ils biodégradables et donc plutôt écologiques au final...Mais surtout de quoi j'me mêle hein ? Je te demande moi de compter combien d'heures t'as passé à faire ci et combien à faire ça ? et combien de temps tu as donné à la sacro-sainte mission de service public...mais attention seulement du lundi au vendredi hein...les samedis et dimanches c'est pas dans la même case, d'ailleurs y a pas de case pour ça, non, le service public du week-end tu le mets dans la case "Récupération" s'il te plaît. Et les réunions tu les comptes en heures, pas en nombre de réunions. Et normalement dans la case "Autres" tu n'as rien à mettre parce que tout a été soigneusement répertorié, y a pas d'oubli a priori. Tu parles, moi dans la case "Autres", je mets le temps que je passe à faire mes stats. Na.

J'arrête de vous souler, c'est contagieux.

Alors bon, le divan c'est bien, et le mieux est l'ennemi du bien, mais le thon blanc c'est excellent...Cependant quand je reçois simultanément :

Salut Ada, tout se passe bien ? Moi j'ai passé une nuit horrible. J'ai veillé jusqu'à 5h30, lumière et TV allumées, trop nerveux pour dormir à l'idée de me retrouver seul, entre quatre murs inconnus, dans une ville inconnue. (...) Ce soir si je ne suis pas trop crevé, j'irai au théâtre. Et toi, quoi de prévu ? Je t'appelle avant le théâtre (...) (Vous l'aurez compris, c'est signé (ex)-monamour)

et :

Aloha ! Tu bosses bien à XXX ? Je sk8 (franchement si je ne savais pas qu'il fait du skate, j'aurais rien compris) ds le coin, jsré bien passé voir lé XXX et tattendre a ta sortie stv ?! (oui, c'est bien le charmant charmeur chilien)

qu'est-ce que je fais ? Je saute dans un TGV pour aller réconforter pauvre (ex)-monamour ? Ou je fais visiter mon prestigieux lieu de travail en me laissant bizouter comme une collégienne derrière les escaliers, là ousqu'on fume mais les pions disent rien ? Ou encore, troisième voie, je vais pisque-niquer avec les potes dans le parc de la Villette, comme nous en avions convenu antérieurement ?

jeudi 15 juin 2006

In the mood for Love, etc

Oui, je sais ce que vous allez dire...Alors chantons les amis, en ce jour de retrouvailles (sous la fameuse grisaille parisienne, celle qui aura ma peau dorée), chantons ! ♫ Je rentre un peu tard je sais, 18 ans de retard c'est vrai, mais j'ai trouvé mes allumettes, dans une rue du Massachusetts...C'est moi, c'est l'Italien, est-ce qu'il y a quelqu'un ? ♫ Oui bon voilà, I'm back.

Je vous propose une approche thématique de ces dernières semaines.

L'opération.

Entrée à l'hosto à 18h, anesthésie à 18h30, réveil à 19h15 (pas de morphine malgré mes tentatives d'apitoiement), retour en chambre à 20h, remise en liberté 48h après. Emballez, c'est pesé. En bonus 3 semaines d'arrêt de travail pour cause rendez-vous hebdomadaire avec le gynéco. Ok je prends.

La plage.

Eau chaude, soleil de plomb, léger vent, pédalo (ouais j'ai fait du pédalo. Même que le gars nous a pourchassé parce qu'on s'éloignait trop de la zone balisée. C'est vrai qu'on commençait à se dire que la mer s'agitait drôlement). Je suis pas loin d'être noire, ce qui est du plus bel effet au taff : Alors ma pauvre, ça va mieux ? Oh mais tu as vraiment bonne mine...Euh oui, la luxthérapie, tu connais pas ?

La fête.

À l'ombre des platanes, les débuts de soirée sont doux, cueillez, cueillez vostre jeunesse...Les dîners en terrasse. La nuit à nous.

J'ai dansé dans une boîte où la moyenne d'âge était effrayante. Imaginez une foule de gens tous nés APRES 1985. Un jeune homme voulait m'inviter chez lui (vu qu'il habitait juste à côté. C'est marrant comme ils habitent tous juste à côté hein ? Viens, c'est pas loin...Ils ont des prix à cause des nuisances sonores ou bien c'est un baratin standard ?). J'ai refusé mais nous avons discuté. Comme il s'enquerrait de mon âge et que j'annonçais 25 (ouh la menteuse ! Oui bon, mais dans ces milieux hostiles, faut bien s'adapter pour survivre...), il a eu un regard étonné qui voulait dire "waw, mais t'es vieille alors ?"...ce qui en un sens est flatteur, vu qu'en réalité j'ai 82 ans...mais bon faudrait leur dire qu'il y a une vie après l'adolescence quand même.

L'amour.

Ça se complexifie. Forcément. Le gosse beau (souvenez-vous, champion de la dictée de Pivot, il remet son titre en jeu tous les ans, même pas peur) m'a rejoint quelques jours autour de l'Ascension (non, c'est pas une région. Là ousque j'étais, pour vous donner un indice, les aides-soignantes m'appelaient peucheurette). Ça se confirme, nous avons bien 11 ans d'écart...Il se nourrit de hamburgers (notamment celui qui te met du soleil à l'intérieur de toi) et de kebabs. Moi je mangeais les frites...Mais si c'est pas mimi de poser des congés spécialement pour moi ! Bref il a fait chaud.

En parlant de coup de chaud, j'ai bien failli perdre mon permis de conduire. J'vous raconte ? Bon allez, c'est bien parce que c'est vous. Mais attention, il ne faut pas reproduire cette expérience à la maison, elle a été réalisée par des spécialistes. Petit matin, sortie de boîte. Je suis au volant. Le gosse beau n'est pas vraiment d'accord mais j'insiste en lui disant que de toutes façons on va se faire arrêter, et que si quelqu'un doit se sacrifier, c'est moi, vu que lui il a vraiment besoin de sa caisse, tandis que moi, hein, à Paris c'est métro-bus de nuit-éventuellement taxi, alors...En fait sous cette façade altruiste se cache une puérile envie de conduire sa voiture de ministre avec GPS intégré...Nous roulons. Je lance pour rire "Eh te retourne pas, j'crois qu'on est suivi". D'un coup d'oeil dans le rétro, le gosse beau m'annonce qu'il s'agit d'une voiture de police et qu'ils nous font des appels de phare. Ah ! alors ? c'est qui madame Soleil ? hein ? c'est qui ? Bonsoir, dites-moi mademoiselle, vous chaloupez un peu là hein ? Vous avez consommé ? Oh non, pensez-vous, en plus j'habite juste à côté (toujours dire qu'on habite juste à côté, les jeunes l'ont bien compris). Vous avez les papiers du véhicule ? (Il faut vous dire que la voiture a une plaque toute chelou car elle est immatriculée en France mais depuis l'étranger, ce qui lui fait une tête bizarre). Pendant qu'il s'éloigne pour lire la paperasse, je demande au gosse beau de me passer un chewing-gum, vu que peu de temps auparavant il m'a appris, mais c'est à vérifier, et non pas à expérimenter je répète, que ça fausse l'alcootest. Pas le temps, il me file celui qu'il a déjà dans la bouche. Est-ce que ça suffira à masquer la vodka ? Je me vois déjà interdite de conduite pour les siècles des siècles avec PV qui mettra sur la paille ma descendance jusqu'à extinction de la dynastie...Le flic revient, me recommande la prudence et roule Mimile ! Bénissons l'entité divine qui a voulu qu'ils n'aient pas le matos pour me faire souffler, loué soit le Seigneur qui rend la police indulgente !

Le gosse beau est reparti dans sa lointaine contrée. Exit le gosse beau. Entrée en scène d'(ex)-monamour. Oui, y a des parenthèses sur l'ex. Après de longues heures au téléphone au cours desquelles je lui faisais part de mon ras-le-bol de cette relation bâtarde, (ex)-monamour me dit qu'il m'aime, que c'est sérieux, et pour le prouver, il me rejoint en louant illico presto un studio dans cette petite ville de province où je coule des jours heureux de convalescente qui fait la teuf. Inutile de préciser que nous avons passé des vacances de rêve. Oui inutile. Le seul hic, c'est qu'il y est encore, ayant pris une location mensuelle...Avec l'idée, en prime, de s'installer dans la région. Mais sinon on est ensemble...Je viens de recevoir un mail où il écrit en lettres capitales JE T'AIME. Je ne sais pas quand on se reverra. Tout cela est d'une simplicité les amis...D'où les parenthèses, restons prudents.

Parallèlement j'ai reçu plusieurs coups de fil d'un mystérieux inconnu avec qui j'aurais discuté dans une soirée et qui a très envie de me revoir. Je ne vois pas du tout qui est ce jeune homme, c'est bien simple : je ne le connais pas et surtout, je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone malgré ce qu'il prétend (mais qui alors ? qui a osé lui donner mes coordonnées sans m'en parler ? Un traître ou une traîtresse se cache parmi mes connaissances, je mène l'enquête).

Pour corser le tout, le charmant charmeur chilien se rappelle à mon bon souvenir par SMS interposés.

Pendant mon absence :

Soigne toi bien ptite marmotte ! jtenvoie plein pleins dbizous !

Hello ! Jespère ke tu vas bien é ktout se passe bien pr toi Je pense à toi é jtenvoie plein dpensées positives et pleins dbizous !

Profite bien du soleil ! Bonnes vacances !

Jtenvoie une pensée chaude pr cette douce soirée d'été !

Dès mon retour :

On peut svoir demain pr le ptit déj ? En fin dmat ou débu daprèm si ta besoin de te reposé ? Le soir jboss juska minuit !

Domage ktu taf demain. Dtoute façon on svoa bientot ! Bonne nuit ptite marmotte

Comment résister ? Faut-il résister ? Je vais m'allonger sur le divan et on en reparle.

vendredi 19 mai 2006

Biz biz, à la prochaine

Camarades, y a du nouveau.

Après un entretien téléphonique, mon gynéco à moi, celui qui me pratique depuis fort longtemps, a accepté de m'hospitaliser en urgence lundi soir. Cet homme est merveilleux. Du coup je me vois dans l'obligation de regagner ma province car c'est là qu'exerce mon sauveur. C'est un endroit fourni en mer et en soleil, ce qui en gâte rien. Et ce petit congé-maladie risque fort de muter en congé tout court (mon bronzage qui, souvenez-vous, est tout de même la priorités des priorités, mon bronzage donc lui dit déjà merci). Autant vous dire que je suis ravie. En conséquence la boutique ferme pour une durée indéterminée.

Quant au charmant charmeur chilien, à l'instar du gosse beau, il m'envoie des SMS, phonétiques certes, mais pour le coup c'est volontaire. Extraits :

Komen vas tu ? Pa tro fatigué (si, et pas pour ce que vous croyez. En fait chez lui, il avait un truc thaïlandais de type végétal...J'vous fait pas un dessin, si ? Ça fait rire et ça a un petit effet aphrodisiaque...Bon. Mais moi le lendemain j'ai la tête dans le brouillard, j'ai perdu l'habitude)

On peut ptéte se voir ce soir si té pa tro fatigué (oui y a des redites. Et donc je répète : si, je suis trop fatiguée.) Sinon demain ou ce w.e ! (voilà, comme ça c'est mieux)

Jé hate de te revoir ! Jte fé pleins dbizous ! (oui moi aussi et moi aussi)

Repose toi bien (merci) Jte bizoute de tous les côtés (tout pareil)

Coucou ptite marmotte ! (on se connaît peu mais il a déjà la base : j'ai besoin de beaucoup de sommeil) Jte fé pleins dptis bibis !

Voilà voilà. Vous l'aurez compris, cet homme aime les baisers.

Bon allez camarades, buvez un coup à ma santé et à bientôt !

jeudi 4 mai 2006

L'éducation sentimentale

Alors là, si je m'attendais à ça...

Figurez-vous que le gosse beau (oui on va l'appeler ainsi, ça lui convient parfaitement étant donné son physique et son âge) m'envoie des SMS...Comme j'vous l'dis. En se quittant on s'était dit (ça devient un rituel) À bientôt (c'est du comique de répétition). Et voilà ce que je reçois :

30 avril 23h27

bien rentré (je suppose que c'est de moi qu'il parle, car lui il ne rentrait nulle part ce jour-là) tu à pu te reposé à bientot peut etre bisous

30 avril, 23h38

tu fait quoi ce soir ? (rien) tu es de sortie ? (non) je viens de rentré j'ai mangé au resto avec mes parents et je suis déjà au lit (moi aussi) besoin de repos !!...(allusion à peine masquée à nos torrides étreintes du petit matin)

30 avril, 23h47

appelle moi quand tu veut bonne nuit biz (ok bonne nuit)

2 mai, 7h25 (après avoir roulé toute la nuit pour rejoindre sa lointaine contrée)

dur dur la reprise et toi pas trop dur ce matin ? (oh si, terrible la reprise, une demi-journée de retard, rien que ça) à tu une adresse mail ? (oui, je suis à la pointe de la technologie malgré mon âge avancé, hé gamin tu m'as pris pour qui ?) bisous bonne journée

3 mai, 21h50

salut désolé mais je n'ai pas le net pour 3 semaines je suis à XXX j ai un week end dans 3 semaines je n'ai encore rien de prévu je te donnerai les dates où je suis libre et tu me diras ce que tu fait (ah oui ? ah bon) bonne soirée biz 3 mai, 22h57 passe une bonne nuit je vais me couché fait de beau reve biz (bonne nuit)

3 mai, 23h08

tu ne m'à pas dis quant tu était libre (ben j'en sais rien, un peu tout le temps, je fais pas de planning) 3 mai 23h14 je passerai te voir je ne connais pas paris tu me feras visité ? 3 mai, 23h23 je t'embrasse (moi aussi)

Alors bon, ce sont des SMS, certes...Mais quand il y a des accents on ne peut pas mettre ça sur le compte de la précipitation ou de l'inattention...les accents c'est forcément intentionnel. Obligé. Eh bien moi je suis peut-être snob ou petite nature, je veux bien reconnaître que l'orthographe-grammaire c'est parfois/souvent arbitraire mais, eh oh, y a des limites...je suis choquée. Bon j'ai pas non plus monté une cellule psychologique post-traumatique hein, mais quand même. Je précise que le gosse beau est parfaitement francophone, c'est sa langue maternelle.

Alors s'il croit qu'on va escalader la tour Eiffel ou chatouiller les gargouilles de Notre-Dame, il se met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Non, je vais plutôt lui présenter un bon pote, Bescherelle de son nom. Au programme : auxiliaire avoir et préposition à, pourquoi et comment ne pas les confondre ; accord des verbes, participe passé ou infinitif ?

J'appréhende un peu cette éventuelle visite dans la mesure où, comme je vous disais, on se connaît pas des masses. En même temps un week-end sous la couette c'est sympa. Et puis si on s'ennuie, on pourra toujours faire des dictées...