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vendredi 29 septembre 2006

"Au réveil il était midi"

Le réveil a sonné à 13h et j'aurais bien aimé dormir beaucoup plus. Ma conscience professionnelle ne ma l'a pas permis (vas-y, esclaffe-toi je t'en prie. De toutes façons j'étais pas à la bourre, où est le problème ?).

Hier fallait aller sur une péniche. Tu t'en souviens peut-être, une récente expérience malheureuse en la matière m'avait quelque peu échaudée, ou refroidie, c'est selon. Mais là il s'agissait d'une soirée de soutien aux sans-papiers. Tu peux pas dire non. Ou alors faut avoir une bonne excuse (y a un bon film à la télé n'est pas considéré comme une bonnes excuse, surtout quand ta télé te sert de porte-manteau et que tu n'as pas le programme).

Le charmant charmeur chilien part en skate-éclaireur car c'est entre quai de la rapée et quai de la gare ; Phénix et moi sommes en métro et on n'a pas vraiment envie de se galérer dans ces zones pas interdites du tout mais pas non plus tellement sympas...SMS de l'éclaireur : cé quai dla gare fo traversé le pont et cé en face dla piscine ! 5 euros. A ta leur ! Ami lecteur, tu ne connais peut-être pas Paris, alors laisse-moi te dire que si tu descends à quai de la gare et que tu traverses le pont, ben t'es con, c'est tellement plus simple de descendre à Bercy (après tu peux chipoter et dire que ça dépend d'où tu viens. Eh ben non, ça dépend pas). Phénix et moi ne nous laissons pas embrouiller par ce jeu de piste, on est trop des rusés.

À l'entrée on te file un coup de tampon où tu veux sur le corps. J'ai la vague intuition aujourd'hui que c'est de l'encre indélébile. L'avenir nous le dira. Remarque c'est toujours mieux que la fête de l'Huma, où d'abord tu fais la queue pour acheter ton ticket d'entrée, puis tu fais la queue pour échanger ton ticket contre un magnifique bracelet rouge en plastique (pourquoi ils te donnent pas direct le bracelet ? ça crée des emplois, c'est ça ?) et pour finir tu es obligé d'arracher ce putain de bracelet avec les dents parce qu'il se ferme mais ne se rouvre jamais...Bon là t'es tatoué à vie mais ça t'a pas coûté cher, on va pas se plaindre.

À l'intérieur t'es obligé de consommer beaucoup d'alcool parce que tous les bénéfices vont aux sans-papiers et t'as vraiment envie de leur faire plaisir. Le soun system est de fort bonne qualité. Sarko en prend plein la gueule, les expulsés de Cachan sont nos frères.

Le charmant va chanter bientôt mais si tu crois que ça le stresse, n'importe quoi. Moi j'en aurais fiat une maladie trois jours avant, ou je serais pas venue à la limite, ou alors je me la jouerais attends faut que je me concentre là, j'vais me chauffer la voix, ou encore je m'enivrerais...Lui il est là, paisible, on discute, on danse un peu. J'oublie de te dire : c'est pas du tout une chanson qu'il a répétée qu'il va interpréter, penses-tu, ce serait pas drôle...il va faire une impro hein, ça sera plus simple. Et puis il y va. Et puis il revient. Et voilà quoi, on va pas en faire un fromage. Phénix est en extase, il le serre dans ses bras et tout. Faut dire qu'il est comme ça Phénix, comme il a besoin d'amour, il en donne. Moi aussi j'ai trouvé ça bien. L'absence de trac, l'impro et la prestation en elle-même m'ont pas mal impressionnée.

Ensuite on prend un taxi tous les trois. Et pas beaucoup plus tard le réveil sonne. Pas le temps de passer chez moi. J'ai donc l'honneur de te révéler que mes fringuent puent, non pas le tabac, mais l'herbe. Du plus bel effet en service public...

(La loose bordélique n'ayant pas l'air de vouloir lâcher l'affaire, mon moral, qui a beau ne pas s'appeler Stéphane, reste en berne. Cependant ça va quand même, commennce pas à pas niquer, tu as quand même mieux à faire et moi aussi).

mardi 26 septembre 2006

Aquaplanning, sous les pavés la plage

Totalement à l'Ouest la fille. Si tu veux je t'apprends à planer, je commence à avoir de l'entraînement, la preuve : je me mélange les pinceaux avec mon planning.

Ouais, parce que je bosse dans un endroit où on a des plannings de service public d'une amplitude horaire assez large (9h-20h) et du lundi au dimanche (pas exactement mais je simplifie pour que tu te barres pas en courant). Y a donc des gens qui sont chargés de les pondre ces plannings, et crois-moi, ils se prennent bien la tête à remplir leurs grilles avec nos noms, d'autant qu'il faut qu'ils prennent en compte le fait que X part pour son cours de poterie le jeudi à 17h, que W a la garde alternée de ses enfants les semaines impaires sauf exception, auquel cas (bravo) ça bascule sur les semaines paires, que Z est à temps partiel, qu'Ada est dur le divan de son analyste deux soirs par semaine, je t'en passe et des meilleures (on est quelques dizaines, tu vois le genre).

L'erreur étant humaine et les casse-têtes pas que chinois, ils font forcément quelques petites bévues par ci par là. Par exemple ils te collent Y en service public à 9h alors que c'est justement le jour de la kermesse et qu'il s'est engagé à tenir le stand de pêche à la ligne...et là c'est le drame et crois-moi que les enfants vont pas comprendre s'il leur parle de la mission de service public qui fait de notre beau pays un cas tout à fait à part, sauf à quelques endroits et encore pas partout, même en France (oui c'est excatement ce que je voulais dire).

Dans ces cas-là, on n'est pas chien, solidarité oblige, on s'arrange entre nous, on fait des échanges tu vois, c'est un peu la teuf. Genre tu reçois un mail qui dit SOS ! Qui voudrait échanger ma plage (oui on dit plage, on a bien le droit de rêver) de service public ? J'examinerai toute proposition honnête. Avis aux amateurs, y en aura pas pour tout le monde (là t'es censé rire et te dire : il est drôle, il a de l'humour, allez je vais lui rendre service). Ou alors y a des petits malins qui usent d'une autre méthode : Pour cause de réunion-formation-mission à l'xetérieur-réception du ministre de la Culture du Burkina Faso (choisis ton menu), je ne pourrai pas assurer ma plage de service public (et là tu dois te dire : merde, le pauvre, il faut absolument le dépanner). Moi, tu t'en doutes, les gens me proposent rarement leur palge du matin. Par contre, va savoir pourquoi, les plages du soir j'en ramasse à la pelle. Enfin bref, chacun ses goûts.

Hier soir, alors que je sirote une pinte de blonde à la terrasse du nouveau bar, en compagnie de Phénix, de mon pote et de sa toute nouvelle belle, je réalise soudainement que damned ! demain je sors à 20h mais j'ai rendez-vous sur le divan à 19. J'ai oublié d'échanger ma plage...Il est trop tard pour déranger les collègues et l'analyste. C'est embêtant mais pas trop non plus, la nuit porte conseil, comme on dit quand on sait pas quoi dire.

Ce matin je me lève pas trop tôt, je téléphone à l'analyste qui accepte de me recevoir en fin de matinée. La séance est lourde, vraiment ça rigole pas. À la fin il me donne un mouchoir en papier, alors quand je te dis que ça rigole pas, c'est un euphémisme, ou je sais plus bien comment ça s'appelle comme figure de rhétorique, tu sais, c'est la même que Chimène quand elle dit Va je ne te hais point, une litote, voilà ça me revient, comme quoi la mémoire hein quel système incroyable. Oui bon.

J'arrive au taff la bouche en coeur sur les coups de midi et demi. Dans le bureau je me fais accueillir par une collègue et son sourire complice qui signifie : oh toi, t'auras pas tenu bien longtemps le challenge de la ponctualité. Et alors là, toute fière je lance : c'est pas du tout ce que tu crois, je fais la fermeture, donc je suis à l'heure ! Ah mais non, répond-elle, c'est moi qui fais la fermeture ! Après on s'arrache les cheveux, on se griffe, on se mord à mort, c'est moi, même pas vrai, menteuse, j'étais preum's...non allez on est des gentils nous, juste on se réfère au planning, une sorte de Bible format excel, et on constate qu'elle a raison.

Je ne te cache pas que ça me fiche un coup, non pas que je m'inquiète de mes horaires, non, plutôt de ma santé mentale...Finalement ma collègue ne tenant pas particulièrement à assurer cette plage, étant donné qu'elle a chez elle plein de choses intéressantes à faire, genre la bouffe pour six (ah ben oui, elle a pas fait les choses à moitié, elle voulait payer le train moins cher, mais pour voyager faut qu'elle réserve un wagon, alors l'un dans l'autre faut voir), des lessives, les devoirs des enfants, tout ça (alors que moi, en tant que célibataire, c'est bien connu, j'ai que ça à faire de taffer) elle me l'offre généreusement sa plage et tout le monde est content.

Sinon je te parle pas de mon ♥ métaphorique (à moins qu'il ne s'agisse d'une métonymie, ou d'une synecdoque, débrouille-toi après tout, je vais pas toujours te mâcher le travail) parce que c'estr comme qui dirait la loose bordélique...et un peu de suspens, ça peut pas te faire de mal.

mardi 19 septembre 2006

♫ Mes amis, mes amours, mes emmerdes ♫

Pff...j'te jure, y a des gens fatigants, je t'en donne trois en pâture.

Le premier.

Mon téléphone vibre. Un numéro non répertorié s'affiche...Même pas peur.

Oui ?

Bonjour Ada, ça va ?

Oui, c'est qui ?

C'est Canada Dry.

Oh Canada Dry ? Mais tu n'es pas aux États-Unis ?

Ça y est, je suis rentré.

Tu sais, j'ai rencontré ton ami, le mystérieux inconnu...

Ah bon ? Et vous êtes ensemble alors ? (j'aime ces déductions hâtives et sans fondement)

Non tu plaisantes...Il m'a un peu harcelée au téléphone. Franchement t'aurais pu éviter de lui donner mon numéro.

Mais je lui ai jamais donné ton numéro ! Pourquoi j'aurais fait ça ?

Je sais pas moi...c'est ce qu'il m'a dit. Il m'a dit aussi que tu t'installais en Californie.

N'importe quoi ! J'y étais pour les vacances. J'ai repris les cours là.

Bon, c'est vos affaires après tout, tu le connais mieux que moi, c'est ton ami.

C'est pas du tout un ami, c'est le frère d'un cousin (cousin au sens élargi africain, s'entend).

Bon bon. Ça n'explique pas comment il a eu mon numéro.

Il a dû le piquer dans mon portable (ben voyons, fous-toi de ma gueule). On peut boire un verre dans la semaine ? tu m'appelles ?

Ouais, on verra, pourquoi pas ?

Et ce soir tu fais quoi ?

Pas grand chose de prévu pour l'instant.

Tu m'appelles quand tu sors du taff ? je serai chez moi, y a un petit bar en bas, on peut s'y retrouver ?

Ouais peut-être.

Mais un apéro entre amis à la Butte aux cailles s'organise. Y a des priorités dans la vie...Et si Canada Dry est en quête de partenaire sexuel, faut pas qu'il compte sur moi.

Mon pote est dans un sale état. Il est amoureux et c'est compliqué (rien de très original quoi). On essaye de lui faire comprendre qu'il faut qu'il se lance. La fille arrête pas de lui jeter des regards de braise, elle lui envoie des SMS, elle rit même à ses blagues à deux balles (un signe qui ne trompe pas). Lui il a la trouille, il veut pas gâcher, il veut même pas en parler. Mais nous, tu sais comme on est, des bons amis merde...Faut dire aussi qu'il se remet très lentement (comptez 18 à 24 mois) d'un gros chagrin...

Il me ramène en scooter dans mon quartier, j'achète à manger, on se pose en terrasse du nouveau bar. Il a beaucoup trop bu et quand on lève le camp je lui dis : oh toi je sens que je vais te loger, je peux pas te laisser rouler dans ces conditions. Mais tu vas pas dormir chez le charmant ? (je traduis hein, l'élocution était bien plus difficile). Eh oh, pas tous les jours non plus. Là je rentre chez moi et toi tu fais pareil.

On se couche, il tente un câlin, je rectifie, il me parle de câlin d'amitié, oui mais non, je reste gentille, je mets ça sur le compte des ses abus, allez tu dors.

La deuxième.

Ce matin, réveil tôt (8h). Oui parce que dernièrement au taff, je me suis fait un peu griller : lors d'une réunion de service à laquelle je n'assistais pas (comme quoi les absents, on leur trouve toujours des torts), quelqu'une a annoncé publiquement, je veux dire tu peux pas faire beaucoup plus public qu'une réunion de service, niveau confidentialité c'est nickel : de toutes façons Ada elle arrive tellemnt tard qu'on sait jamais si elle va venir...Les copines m'ont prévenue que ça risquait d'être bientôt ma fête, alors bon, je fais des efforts jusqu'à ce qu'ils oublient, disons pendant deux-trois jours, ça devrait suffire.

En plus qu'est-ce que ça peut bien faire, mon heure d'arrivée, ça m'empêche de taffer peut-être ? Ce que j'aime beaucoup, c'est que personne (personne hiérarchiquement habilité je veux dire) personne ne m'en touche ne serait-ce qu'un mot. Non, on préfère les chemins détournés, surtout pas de contact direct. N'essayons pas de discuter.

Le troisième.

Donc ce matin j'assure. Je prépare du thé, j'en propose à mon pote. Réponse : je sais pas trop. Ben décide-toi, je te l'amèen au lit là, c'est sympa non ? Bon d'accord. Il ne dit surtout pas merci, pas la peine. Que fait-il à la place ? Il râle. Ouais parce que lui il est au chômage en ce moment, alors c'est quoi cette idée farfelue de faire sonner un réveil ? En plus j'écoute les infos et ça le soule. Je lui dis que désolée mais je travaille moi môssieur, toutes mes excuses vraiment...alors mon grand t'es gentil, tu vas cuver ♫ [t]on alcool et [t]a haine ♫ en silence ok ? Sur un ton calme mais me cherche pas non plus hein, je sais que toutes les circonstances atténuantes du monde sont réunies, mais bon si tu permets j'ai une vie aussi. Et puis c'est pas comme si ça m'était facile et naturel de me réveiller à cette heure, je lutte là et je peux aussi être de mauvais poil si je veux d'abord.

Sur le chemin coup de fil du charmant charmeur chilien qui, lui, rentre d'une longue nuit de taff. Subitement mon monde s'emplit de douce chaleur...

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

lundi 3 juillet 2006

C'est arrivé près de chez vous...(♫ ouais presque sous ton nez ♫)

Mettons-nous en situation.

Un soir (par exemple celui de vendredi). Vous êtes sur un quai de métro. Seul. Vient à passer un gars qui chaloupe comme le Titanic en phase terminale. Il se vautre dans les escaliers. Vous lui portez secours, toujours seul, à la force du poignet et de vos bras, certes petits mais pas costauds. Résultat : 48 heures après mes muscles s'en souviennent.

Un matin (par exemple ce matin). Vous faites la queue devant le distributeur automatique de tickets de transport (car vous êtes un peu con, vous n'avez pas d'abonnement annuel, ce serait trop simple, non, vous préférez vivre à l'ancienne, eh oh faudrait quand même pas mettre la charrue avant les boeufs, les boeufs ils font la queue, point barre). Vous êtes même pas à la bourre. au bout de longtemps, la personne qui manipule l'appareil annonce que c'est en panne. La queue bascule vers le guichet. Vient à passer un gars avec la gueule en sang. La guichetière ferme son guichet pour s'occuper de lui. Résultat : non seulement j'ai été obligée de griller, mais en plus j'étais à la bourre, c'est malin.

Dans un bar (par exemple celui où vous regardez les matches de foot). Vient à passer un gars, ni bourré ni blessé, ça change, qui vous aborde : alors comment vas-tu ? Euh oui, c'est à quel sujet ? Tu te souviens de moi (sourire complice) ? Ben euh, désolée, non. Mais si, je m'appelle XXX. Ah oui bien sûr (enfin pas sûr et certain non plus), excuse-moi (mais c'est qui bordel ?). Je t'offre un verre ? Merci mais je suis avec un ami là. Et désolée hein, je suis vraiment distraite des fois (on va dire ça comme ça)...

Le charmant charmeur chilien observe la scène de loin et vous dit ensuite : alors, on se fait draguer ? Non non, c'est le copain d'une copine. Résultat : hum...

Dans un parc (par exemple je sais pas). Vous êtes allongé à l'ombre, avec un bon bouquin, vous grignotez des cerises pendant qu'une peau douce (et andine) caresse votre peau douce. De temps en temps, une bouche douce (et andine) se remplit d'eau fraîche et l'écoule, au compte-goutte, dans votre bouche. Résultat : ça s'appelle vivre d'amour et d'eau fraîche (et de cerises un peu aussi).

Dans un lit (par exemple celui du charmant charmeur chilien). Vient à passer un gars, charmant, charmeur et chilien. Il vous dit qu'il vous kiffe, qu'il y a une telle compicité entre vous, que c'est tellement fort, que vous avez le même humour. Résultat : j'ai rencard ce soir avec (ex)-monamour.

Ben oui. C'est typiquement le truc qui me fout la trouille. En plus, je vous l'ai déjà dit, le charmant charmeur chilien c'est pas possible de tomber amoureux de lui, il est trop infidèle (pas encore, mais c'est pas une raison) (moi non plus mais c'est pas pareil d'abord). Courage, fuyons.

jeudi 29 juin 2006

♫ Bac plus zinc et licence IV ♫

Y avait une terrasse, ouf...

Bon si vous comprenez pas, désolée mais j'ai la flemme de récapituler, vous avez qu'à être de fidèles lecteurs, tant pis (mais non, c'est pas vrai, même si tu es infidèle je t'aime bien, au contraire, ça nous rapproche).

J'y suis allée à reculons parce que moi les torticolis ça me fait pas peur et au final c'était une bonne teuf. Avec plein de monde que j'avais pas vu depuis longtemps. La question de mon cavalier s'est résolue d'elle-même (quand je vous dis que ça sert à rien de décider) puisqu'(ex)-monamour était indirectement invité. On a même mangé. J'ai rencontre un couple de gays très exotique, respectivement originaires d'un pays nordique et d'une petite île que t'aurais bien du mal à situer sur ta mappemonde. Évidemment on a fait la fermeture du bar avec une petite figue pour la route. Dodo platonique chez (ex)-monamour. Arrivée au taff tardive (début d'après-midi, ça devient n'importe quoi), mais rien que de très prévisible. Alors, de quoi tu te plains ?

Ben en fait le truc, c'est qu'en bonne chieuse que je suis, j'aurais préféré la présence du charmant charmeur chilien, surtout quand je reçois ça : ça mbrancheré dte rejoindre !? je mennuie mé jvé trouvé dkoa mokupé ! Bonne teuf ! Boi pa tro. Alors je réponds que oui mais non, les circonstances font qu'on va peut-être éviter, mais c'est trop horrible...Tinkiète pas, passe une bonne soirée ! Amuse toa bien !

Aujourd'hui je lui propose qu'on se voie ce soir. Il répond : Mouais. Si té pa tro crevé !? Bip moa. Ça me laisse un peu perplexe. Je ne sais guère comment interpréter ce oui du bout des lèvres. Est-ce à dire qu'il n'a pas envie de me voir ? m'en veut-il de l'avoir délaissé hier ? suppute-t-il des choses avec (ex)-monamour qui ne lui plairaient que moyennement (mais il arrête pas de me dire qu'il n'est pas jaloux. Alors...) ? se la joue-t-il pas dispo histoire de pas avoir l'air de me courir après ?

Que de questions sans réponse...Bon sinon on m'a dit hier que c'est sympa ce petit côté boute-en-train, mais qu'est-ce que ça cache, au final, dans les profondeurs de mon intérieur de fille un peu écorchée vive, tu vois, comme les trucs d'anatomie mais pas pareil ? (oui j'ai des discussions à haute teneur psychanalytique)

mercredi 28 juin 2006

♫ Désormais je me dore...à la poussière de météore ♫

Bon ça va comme ça, on sait ce qui s'est passé, la France exulte, tout ça pour ça. Pour c'que j'en ai à faire...D'autant que c'est pas non plus un exploit hein. Je veux dire, si encore c'était la finale, j'veux bien, mais là, oh, c'est pas la fête du slip que je sache. (Oui je soutenais l'Espagne, et alors ? C'est mon droit non ? Pas la peine de me traiter de mauvaise joueuse. En plus c'était par pur sacrifice, fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui se dévoue dans cet appart, sinon l'ambiance est moins drôle). Et surtout, allez-y, distrayez-vous à base de victoires par procuration, divertissez-vous, ça profitera toujours à quelques-uns ce genre de crime, mais faudra pas venir se plaindre après. Tant que tu regardes les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde (et paf ! non mais t'as vu, ça c'était bien envoyé).

Sinon on s'est bien amusé. Y avait des frites et de la bière, déjà ça commence bien. Oui parce que le sport sans la bière, très peu pour moi, j'aime faire les choses selon les règles. Et puis bon j'étais pas scotchée à l'écran non plus, y avait un balcon avec vue panoramique sur Paris, ici Montmartre, là la tour Eiffel, trop la classe...en bonus les bizoutages du charmant charmeur chilien.

Ce soir je suis invitée à un anniversaire. Alors déjà ça tombe pas hyper bien. Depuis le début de la semaine j'arrive au taff en fin de matinée...mais fin fin hein, juste avant midi quoi, comme personne ne peut me reprocher de pas être au taff le matin...C'est pas beau, c'est vilain, mais je peux pas faire mieux, je suis à fond là. Donc cet anniversaire, a priori, ne va pas améliorer mes performances de ponctualité. Ben non hein, ce serait étonnant. Et puis je sais pas avec qui j'ai envie d'y aller. C'est un léger problème quand on y réfléchit. Pour finir, ça se passe dans un bar. Alors, oui c'est vrai, je les fréquente les bars, inutile de le nier, mais je trouve, si je peux me permettre une opinion personnelle et tout à fait originale, que toute une soirée dans un bar où on n'est même pas sûr qu'ils fassent à manger, qui risque d'être blindé...ouais bof. S'il y a une terrasse on est sauvé. Sinon...

Bon ben sinon, puisque vous demandez des nouvelles, c'est un peu un mix de Ada en folie et de Ada en loose, un petit cocktail bien ordinaire finalement. Illustration datée du lundi 26 juin :

Coucou ! Jéspère kté pa tro crevé. Ne fume pas tro stp ! (ceci est 1 message de la protection des marmottes), ça te fera de économies é tu ora la peau douce ! Biz Avec le temps ♫ avec le temps va, tout s'en va ♫ Désolée c'est du réflexe pavlovien (non c'est pas un nouveau genre musical, abruti). Avec le temps il finira par ne plus me poser la question. Crevée la fille, oui, toujours pas reposée, non. Heureusement que je suis bronzée, c'est un bon camouflage. Quant aux clopes, au moment de ce SMS, j'étais en rade, ce qui ne veut pas dire que je ne m'en procurais pas par des moyens détournés (merci les collègues), attends tu crois quand même pas qu'il m'est possible actuellement de pas cloper comme un pompier ?)

Ooh...cé bientot fini ! (le taff. Eh non cher ami, vu mes horaires d'arrivée...je travaille quasiment en nocturne) Jsui content kté plus dclopes ! Jvé vers XXX dis moa si tu ve kje vienne te chercher a la sortie ? (euh non, j'ai autre chose à faire. Entre autres, une psychanalyse)

Jtenvoie pleins dbizous pr te donner du courage ! Jvé sk8ter san mon prt. Jtorè bien croizé ce soir. Mé si dotres trucs a fèr pa dpro é cé bien dfèr dé pauz. Voilà, je ne te le fais pas dire, c'est bien de faire des pauses, parce que là, c'est pas pour dire mais on se quitte plus, et moi ça parasite un peu ma réflexion, vu que ce mec est irrésistible, sans exagérer, c'est pas moi qui le dit, le sujet est fédérateur. Donc c'est la totale éclate, sans grande perspective d'avenir.

Je me répète mais c'est vrai, à force de regarder les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde...Et là j'ai un peu la trouille d'être trop dans la lune.

vendredi 14 avril 2006

Tous les matins du monde

Figurez-vous que depuis quelques temps, chaque matin, une faille spatio-temporelle vient se caler pile poil chez moi. Je vous explique.

En général le réveil sonne à 8 heures. J'en vois qui m'envient, mais vous savez pas à quelle heure je me couche aussi. Et d'ailleurs, en particulier, le réveil sonne à 10 heures, voire midi. Mais on va rester sur le cas général, pour que cette démonstration physico-chimique à base de bulles de champagne ne puisse être contestée par aucune autorité scientifique. 8 heures, vibration sonnerie du téléphone portable. J'éteins. Je me rendors sur le mode sommeil léger jusqu'à 8h24, 8h28, ça dépend de la situation politique en Asie du Sud-Est, du cours de la betterave à Wall Street et de pleins d'autres trucs, mais là j'ai la flemme de chercher (ou comment expliquer la théorie de la relativité aux enfants) (pas de panique, j'en ai pas).

Faisons une moyenne : 8h26 je sors du lit. Brr, c'est qu'il fait frisquet (ah ne m'en parlez pas ma bonne dame, le fond de l'air est frais) (j'ai le droit de me faire la causette chez moi si j'veux). Je mets l'eau à bouillir pour le thé.

Retour au lit : 8h30 à tout casser. Allumage de radio. Je n'écoute pas encore, je repasse en mode sommeil léger léger.

8h40, le thé est infusé. Je le bois (ha, vous vous y attendiez pas à celle-ci, je sais, j'en ai surpris plus d'un, mais je suis comme ça moi, je fais du thé et après je le bois), en écoutant les infos, les yeux hagards dans le vide intersidéral, car j'ai trop la patate le matin, c'en est presque effrayant. Genre la fille qui, d'un geste souple et assuré, émerge de sous sa couette avec un sourire pétillant, bondit hors du lit, sautille jusqu'à la cuisine en sifflotant un air joyeux, ben c'est pas moi. 8h55 (et je dis ça pour être large, parce que ça relève plus de la tasse que du bol) le thé est bu. Je passe sous la douche. Sans lavage de cheveux, donc rapide (eh oh, des fois je me les lave les cheveux, mais on est dans le cas GÉNÉRAL j'ai dit). Habillage compris, je n'en ai pas pour plus de vingt minutes.

Nous pouvons donc affirmer sans crainte qu'à 9h15 je suis prête. Seulement voilà ce serait trop simple. Car c'est ce moment que choisit la perfide faille spatio-temporelle pour saboter ce timing digne d'un grand chef faisant cuire un oeuf mollet (coque et dur c'est facile, mais mollet ça se travaille). Je suis d'accord avec vous, si je ne larvais pas une demi-heure après la sonnerie du réveil, je gagnerais encore plus de temps. Ou, si je faisais sonner le réveil une demi-heure plus tard etc...Mais là n'est pas le problème. Car à partir du moment où le thé est prêt, j'enchaîne les activités sans perdre une seconde. Donc qui peut me dire pourquoi, alors qu'à 9h15 je suis opérationnelle, je ne sors pas de chez moi avant 9h45 ?

Moi je vois qu'une explication : c'est encore un coup du complot mondial des extraterrestres. Chers ET, si vous pouviez me faire un mot d'excuse, comme nos amis du métro, ça serait bien sympathique de votre part. Parce que pour l'instant, au taff, ils veulent pas me croire.